‹ François Villon (volume 2)Chapitre 97 sur 402 · T., h. 22-23. — 4. Fait la noce. — 5. T., h · texte numérisé non relu

T., h. 22-23. — 4. Fait la noce. — 5. T., h

Par friander et par leschicr, Par trop amer ...

que Villon assure ironiquement ne l'avoir pas fait ; ses amis du moins ne doivent pas le lui reprocher. Ils en ont usé comme lui ; et son plaisir, au demeurant, ne leur a pas coûté très cher. C'est vrai qu'il a aimé : mais avoir faim et le cœur triste ne sont pas des conditions favorables à l'amour ' :

Car la dance vient de la pance !

A la plaisanterie que contient ce trait final, succède un couplet du plus touchant repentir ' :

Hé ! Dieu, se j'eusse estudié Ou temps de ma jeunesse folle, Et a bonnes meurs dédié.

J'eusse maison et couche molle.

Mais quoy ? je fuyoie l'escolle, Comme fait le mauvais enfant.

En escripvant ceste parolle, A peu que le cuer ne me fent.

Vraiment, son destin était de rire au milieu de ses larmes !

Entendons aussitôt François justifier son inconduite par les

paroles de l'Ecclésiaste ^ :

Le dit du Saige trop le feiz Favorable, bien n'en puis mais.

Qui dit : « Esjoys toy, mon filz.

En ton adolescence... »

C'est encore à la Bible, au livre de Job '^, que Villon empruntera l'image de la rapidité des jours comparée à la toile coupée par le tisserand. Il ne craint plus rien, tout s'apaise à la mort.

1. T., h. 25. — Cf. une pièce de Louis d'Orléans dans les Cent Ballades, éd. G. Raynaud, p. 205.

2. T., h. 26. Notei jeunes gens (Marot). — Cf. Eustache Deschamps, VL p. 37 :

Plourons, chetis, iiostre folle jeunesse.

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