‹ François VillonChapitre 108 sur 262 · Arch. Nat., S · texte numérisé non relu

Arch. Nat., S

Une petite et sale ruelle, aboutissant à la rue du Froidmantel, séparait Cambrai du collège de Tréguier ', qui donnait, lui aussi, sur la commanderie de Saint-Jean.

Ce petit collège'' était l'un des centres des écoliers bretons qui, sous le patronage des saints Tugdual et Yves dont les images se voyaient au faîte des maisons du collège, étudiaient à Paris le décret et se montraient fort querelleurs après boire \ Ce collège était pauvre, lui aussi ; il jouissait des revenus du louage de quelques chambres, de la vente du vin des vignes de Vanves et d'Issy ^. Le coffre du collège, qui devait contenir fort peu de chose, était conservé dans la belle chapelle de saint Yves, patron et avocat gratuit des pauvres, et que les Bretons résidant à Paris avaient élevée au coin de la rue des Noyers et de la rue Saint-Jacques K

En rentrant maintenant dans le cloître Saint-Benoît par la porte de la rue Saint-Jacques, après avoir traversé la cour et longé le portail de l'église, on rencontrait un fort étroit couloir, bordant en partie la maison de Guillaume de Villon et aboutissant à la rue des Deux-Portes, que l'on appelait aussi la « très paisible rue de Sorbonne » ^.

La maison des pauvres maîtres de Sorbonne ", dont les celliers et les jardins étaient contigusau cloître Saint-Benoît, régnait le long de cette rue tranquille, fermée en effet par deux portes, l'une sur la rue des Mathurins, l'autre sur la rue des Porées. C'était la fameuse maison de Robert de Sorbon où s'était sécularisée la science théologique, et dans laquelle des maîtres, « comme de célestes et divins satrapes heureusement parvenus au faîte de l'humaine perfection, élucidaient solennellement

Page 1