‹ François VillonChapitre 132 sur 262 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

certaines batures et mutileures que Ion dit avoir esté faictes par ledit Lemoyne sur la personne dudit Régnier » ' ; le 21 août 1452, l'évêque de Paris le réclamait comme clerc, ainsi que Jean de Rosay \ Ils étaient accusés d'avoir rossé deux sergents en office. Car, au mois de mai passé, les sergents avaient rencontré Régnier à une heure indue à l'huis de la Grosse Margot et lui avaient fait observer qu'il ne devait pas s'y trouver à ce moment-là. Mais Montigny ne voulut rien entendre : il tira sa dague que les sergents cherchèrent à lui enlever. Alors le « noble homme » poussa un cri d'appel, et Jean Rosay et Taillemine apparurent : ils se tenaient non loin. Et tous trois rossèrent grandement les sergents. Ils furent ajournés à comparaître devant le prévôt de Paris, sous trois jours, et Montigny ne tarda pas à se faire prendre sur la haute justice de l'abbesse de Montmartre. Il resta plusieurs mois en prison avant de venir devant le Parlement criminel. On le chargeait aussi d'une « chaude dispute » qu'il avait eue, à la dernière fête de Saint-Germain l'Auxerrois, et pour laquelle il avait été emprisonné au Châtelet. L'avocat de Montigny alléguait bien que le soir où son client rossa les sergents à l'huis de la Grosse Margot, Thibaud Sarré, l'un d'eux, n'avait pas ses insignes : le sergent aurait voulu frapper de sa dague Montigny qui, lui, aurait cherché seulement à le désarmer: en se défendant Montigny aurait porté un coup sur le bourrelet du chaperon de Sarré. Tout cela est fort possible : les sergents du guet n'étaient pas irréprochables et Thibaud Sarré ne réclamait rien à Montigny. Mais que faisait donc ce fils de bonne famille à l'huis de la Grosse Margot? Comme il a su appeler à propos des compagnons batteurs! Tout cela ne laisse pas d'être inquiétant.

C'est par Montigny que Villon dut fréquenter le milieu des clercs de finance ; parmi eux, peut-être, il trouva un travail

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