Bibl. Nat., Clair., 763, p
2. Arch. Nat., X" 25, ap. A. Longnon, EtucU biographique, 131-153.
celles de Henry V, en 142 1 , avaient établi que toutes les finances de France devaient être reçues ou dépensées selon le style du Trésor de Paris ; et le roi avait délégué deux personnes considérables, ayant une longue expérience des finances, pour administrer tout cela : l'une était le changeur du Trésor, l'autre son clerc, un « notable homme, sage et loyal, et expert en fait de finances », qui contrôlait le changeur. Ce dernier ne pouvait disposer d'un denier qui ne fût porté sur la recette ou la dépense du clerc : ce livre, on l'appelait le Journal du Trésor.
Le clerc écrivait en recette les revenus du domaine par bailliage, les émoluments des monnaies, de la chancellerie, des amendes du Parlement, des aides, des gabelles, des tailles ; en dépense, les frais de la guerre, les pensions, les voyages, etc. Chaque mois le changeur ou son clerc montrait au trésorier de France, ou au roi lui-même, le journal tenu à jour que l'on portait à la Chambre des Comptes '. Une seule main faisait toute cette besogne pour le plus grand profit du roi et du royaume : cet homme-là était Pierre de Saint-Amand.
Comment Villon put-il entrer en relations avec un si puissant personnage ? Ce fut, sans doute encore, par l'intermédiaire des Montigny, alliés aux Canlers et auxDanes. Or Marguerite de Saint-Amand, sœur de Pierre, épousa en secondes noces Henry de Danes, clerc des comptes \
Pierre de Saint-Amand dut obliger Villon, en lui procurant du travail ou de l'argent. Mais sa femme. Jeannette Cochereau, fille de Robert, le procureur en Parlement \ n'aimait guère ce quémandeur, ce mendiant ; elle dut le chasser de sa maison. Villon s'en vengera. Et de même il n'oubliera pas que Robert Vallée, avocat au Parlement, qui appartient à une fa-
1. En 1473 on vit le changeur vouloir modifier ce bel ordre de choses et faire le compte lui-même : il prétendait que les acquits seraient plus sûrement entre ses mains. Pierre de Saint-Amand protesta et fit sa plainte au Bureau : le changeur, disait-il, avait présenté un compte non contrôlé. On donna raison au clerc.