‹ François VillonChapitre 14 sur 262 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

Nef méridionale de Saint-Benoît

lilh''iiijphie d'api-vf I.enoir, Statistique monumentale

Par contre, comme il advient à une personne ancienne, l'église Saint-Benoît jouissait de prérogatives surtout honorifiques. Ainsi Charles V lui avait renouvelé le droit d'exercer sa justice à Paris, à Saint-Marcel, à Clichy, à Saint-Ouen et à Limeil '.

Selon une information faite un peu plus tard "" par le prévôt de Paris, la communauté de Saint-Benoît jouissait de haute justice, moyenne et basse dans le cloître et en plusieurs lieux environnants ; elle y avait ses prisons, un local où les baillis et le maire pouvaient rendre la justice. Ainsi, en 1430, un vol avait été commis parGobin, le fossoyeur, et un certain Jean Martin. Tous deux étaient descendus de nuit par le clocher de Saint- Benoît et s'étaient, par ce chemin périlleux, introduits dans une maison joignant l'église : là ils avaient dérobé plusieurs biens. On les arrêta et ils furent mis dans la prison de la communauté; mais cependant on les pendit sur la justice de Saint- Germain-des-Prés, ceux de Saint-Benoît ne pouvant les conduire à Limeil où ils avaient leurs fourches patibulaires. C'était là le siège principal de leur justice ; là, de tout temps, ils avaient fait exécuter les coupables. Il y avait dans le cloître Saint- Benoît une taverne où deux joueurs de dés s'étant pris de querelle, l'un tua l'autre d'un coup de couteau dans l'estomac. Le coupable fut pendu au gibet de Limeil '. Mais une femme amoureuse, qu'on disait larronnesse, fut cependant fustigée de verges devant l'église Saint-Benoît où était fiché un poteau : c'est maître Henry, le bourreau de Paris, qui la frappa.

Il faut dire que cette potence de Limeil, qui se dressait au carrefour des chemins conduisant de Paris à Brie-Comte-Robert et de Limeil à Villecresnes, n'était plus debout alors. Un des gros piliers gisait à terre; non loin on voyait plusieurs pièces de bois fort vieilles et vermoulues. On se rappelait toutefois qu'un homme y avait été pendu ; Tiercelin Loyault, meunier,

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