Voir à l'appendice les notes sur ce personnage
fils d'un propriétaire de Paris, qui fait si bien l'amour sur la botte de paille, sait jouer avec des dés plombés, manie fort adroitement un joli jeu de cartes, et doit parfaitement connaître Marthe, l'amie infidèle du poète '.
Tout le Châtelet ne se résume point dans la seule personne du prévôt et les gens de sa suite. Le prévôt est suppléé par le lieutenant civil, par le lieutenant criminel : le Châtelet est le siège d'une juridiction ayant ses procureurs, ses examinateurs ; il y a là un greffe, des notaires ; on y enregistre les testaments. Le Châtelet est enfin une prison avec un clerc de la geôle, un questionneur ; ses sergents assurent la police dans Paris et l'Ile-de-France. François Villon connut presque tout ce personnel. Par leurs relations ou leur famille, beaucoup de ces officiers touchaient à des milieux qu'il fréquenta.
Ainsi le lieutenant criminel, qui suppléait le prévôt dans l'ofiice de juge des malfaiteurs et accompagnait sur sa mule les condamnés que l'on conduisait au supplice, était en 1458 Martin de Bellefaye : un riche personnage, d'abord avocat dans cette juridiction, issu d'une famille parisienne alliée aux Chanteprime ^ M^ Pierre Basanier ', notaire et greffier civil et criminel de la prévôté, était allié aux Perdrier que Villon nommera ses compères. Parmi les seize examinateurs, commissaires enquêteurs chargés par le prévôt d'entendre les témoins à Paris et dans la vicomte, la nuit comme le jour (office périlleux où leur vie est parfois exposée), François Villon connaît Jean Mautainf^ et Nicolas Rosnel^ qu'il sait ne pas jouir de la faveur du prévôt. Et il n'ignore pas que Jean de Rueil ^, auditeur des causes, est un personnage qui touche de nombreuses épices. Quant à Jean de Calais ', M^ François sait mieux que nous * qu'il