‹ François VillonChapitre 148 sur 262 · Arch. Nat., X^a 33, 24 mai · texte numérisé non relu

Arch. Nat., X^a 33, 24 mai

2. Jean Alnequin était fermier du hauban ; Jean Raguier, le sergent de la douzaine, est sans doute le même personnage que le receveur des barrages de la ville ; Etienne Garnier, le geôlier, était fermier du chantelage ; le 2 juin 1463 on voit que le prévôt mettait en procèg Laurent Moront, sergent à verge, pour raison de certaines défenses qu'il lui avait faites de vendre du pain et autres marchandises aux Halles de Paris (Bibl. Nat., Dupuy 250).

3. Bibl. Nat., Dupuy 250, 17 juillet 1472. (Ils ne travaillaient pas, battaient les gens, ravissaient les jeunes femmes amoureuses, leur étaient leur ceinture et leurs habits, vivaient avec les filles, jouaient aux dés, fréquentaient les tavernes et faisaient des dépenses excessives.)

4. « On avoit tantost après sergens en garnison qui moult grevoient le povre commun... ils faisoient du mal trop plus que on ne leur commandoit. ti^ Journal d'un bourgeois de Paris, p. 349 (à propos de la taille de 1439).

5. « Car c'estoient les valets du deahle », dit le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 349. On voit dans les mystères que les serviteurs du démon sont nommés ses anges. Nous avons là l'explication bien nette du mot ange des Ballades en jargon (3, 98, 115), désignant sans aucun doute les sergents.

on les appellera hronllarts, buveurs, flagorneurs, rampomieurs ' .

Ecoutez parler d'eux, du haut de sa chaire, le bon cordelier Michel Menot : « O gens du diable, et ses serviteurs, qui sous ombre de justice et d'aller punir les délinquants, ne quittez pas, depuis votre réveil, les tavernes, les étuves et les lupanars ! Et si quelque pauvrette de servante a été subornée, même à son corps défendant, pour gagner votre dîner vous la livrez aux rufians lubriques, à des gens de votre état... Ah, rufians, paillards et gens de votre sorte, vous la venez enlever ; et faut que la pauvre misérable marche, ou autrement vous la forcez de ce faire en la frappant à grands coups de plat d'épée ! Sous ombre et prétexte que vous avez acheté vos offices, vous dites que vous êtes exécuteurs de justice : ainsi sont bien les diables ! Eux aussi ils sont exécuteurs de la justice divine, et cependant ils sont damnés à perpétuité, comme vous le serez avec eux ! » "

Parmi ces bons diables on rencontrera deux singuliers personnages qui paraissent bien être entrés fort avant dans l'intimité de François Villon : Jean le Loup et Casin Cholet.

En ce temps-là les deux frères le Loup (Jean et Robin) avaient passé un arrangement avec le receveur du domaine de la ville de Paris, déclarant lui abandonner le tiers des amendes venant de leurs dénonciations \ C'étaient des propres à rien excerçant, comme il arrive, toutes sortes de métiers. Ils sont dits tantôt poissonniers, bateliers, pêcheurs, mesureurs de sel : ils faisaient la police de la Seine ^, empêchant d'y jeter des ordures', surveillaient les fossés où il était interdit de mener paître les vaches ^ On ne savait qui leur avait confié ces offices; mais il était impossible de les leur faire abandonner ". Et toujours ils rôdaient, furetant à travers Paris, tirant, de la Seine et des quais, pierres et carreaux '\ s'appropriant les fagots de bois

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