Arch. Nat., JJ. 183, p
l88 FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
archer; puis c'est Jean Peyron qu'il épie et à qui il porte trois coups de dague. Il prend de force Jeanne du Boys en présence de son mari. Il bat une femme qui reprochait à la mère du sergent d'avoir corrigé son chien. Il menace Ferrebouc, puis un autre notaire du Châtelet, Pierre de Dicy, qui avait fait pour lui une grosse et estimait ne pouvoir accepter 4 blancs au lieu des 16 sous que le sergent lui devait : un jour il le frappa sur le cou, d'un braquemart^ à lui abattre la tête. Comme il avait été chercher aux étuves un religieux de Saint-Martin qu'il ne trouva pas, il rossait trois hommes couchés sur un lit'.
Les sergents se montraient en outre bons buveurs ; ils joignaient à leur office toutes sortes de petits métiers où, naturellement, ils étaient amenés à abuser de leur autorité \
On était si accoutumé à les voir agir brutalement qu'en 1472 une bande de malfaiteurs opérera dans Paris sous le déguisement de sergents richement vêtus, portant des épées et de grands couteaux ^ Enfin la prévôté se servait d'eux comme garnisaires, chez les gens qui refusaient l'impôt, fonction dont ils devaient s'acquitter à merveille'*. Dans le langage populaire de ce temps on les nommera les valets du diable ou ses anges ' ;