‹ François VillonChapitre 152 sur 262 · Voir la note sur ce personnage à l'appendice · texte numérisé non relu

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8. T., V. 1830. (I. Phillippot; A. Phillebert). — On trouve un Philippot Bouchier sergent royal sous Tristan l'Hermite, le prévôt des maréchaux, le 15 décembre 1460 (Arch. Nat., X'^ 4807) ; un Philippot Villain est dit sergent à verge au Chàtelet le 6 juillet 1475 (Arch. Nat., X^» 41).

9. On rencontre Denisot Richer comme sergent royal, le 5 août 145 S, en même temps que « Jehan Varlet » (Arch. Nat., Xia48o4, fol. 431); il était toujours en fonction le 7 mars 1468 (Arch. Nat., X'^ 4810). En 1450 il demeurait à l'enseigne de V Image Saint-Eustache, rue Saint-Germain-l'Auxerrois (Coyecque, L'Hôtel-Dieu de Paris, p. 248).

10. Vallette est mis pour la rime, car il semble bien qu'il faille identifier « Jehan Vallette » avec Jean Valet que l'on trouve, comme sergent royal, le 16 mai 1453, ajourné

de bonnes brutes. Et plus tard, Villon connaîtra encore parmi les sergents Jean Mahé, dit l'Orfèvre de Bois ', qui applique la question, et M^ Henri Cousin % le bourreau, qui fustige les malfaiteurs dans les carrefours de la ville ou au cul de la charrette.

Enfin, comme dans toute juridiction d'alors, autour de ces procureurs, de ces avocats, de ces notaires, de jeunes clercs remplissaient des formules d'actes ces longs rouleaux de parchemin que nous possédons encore en si grand nombre concernant, entre autres, la mise en criée des maisons de Paris. Ces clercs sont de gentils enfants qui aiment à jouer des farces où ils se blasonnent les uns les autres. Mais parfois aussi ils attaquent les voisins, comme les huissiers de Parlement \ C'est un milieu spirituel, qui doit être du goût de François Villon : et l'on est même amené à se demander s'il ne fut pas l'un d'eux, momentanément, pour avoir connu, de façon si précise, un cercle parisien relativement fermé ?

Dans une ballade de ce temps un anonyme, qui ressemble à Villon comme un frère, après avoir préconisé, pour former un jeune homme au monde, la paume et les dés, la dépense, le heurt des pots et des hanaps, le fait d'avoir été échaudé au jeu, d'avoir couché au vent et à la pluie, d'avoir ser\'i un visage fardé et fourbi volontiers le « harnois » des dames, conclut ainsi:

à comparaître devant le Parlement au sujet de l'échauffourée des écoliers (Bibl. Nat., Dupuy, 250). Il est mentionné le 6 août 1453 (Arch. Nat., X" 25), le 5 août 1455 (Arch. Nat., X'» 4804, fol. 431) ; le 3 septembre 1462, toujours sergent à verge au Châtelet, il est condamné à l'amende pour excès sur la personne de Lyenin Gigart, docteur en théologie (Arch. Nat., X" 31) ; le 15 août 1464 on le voit proviseur de l'écurie du roi (Arch. Nat., KK. 65, fol. 71).-

i. Voir la notice à l'appendice. - 2. Ihid.

3. !"■ mars 1454 n. st. La cour ordonne aux clercs des avocats et des procureurs au Châtelet « qu'ilz ne jouent farces ne autres jeux quelzconques, en secret ne en public, qui redondent aux deshonneur vitupère et préjudice des ungs et aux autres. » (Bibl. Nat., Dupuy 250). — Le 8 juillet 1460 la cour informe sur des excès commis par Me Martin de Bellefaye. lieutenant criminel du prévôt, et les sergents du Châtelet, contre les huissiers de Parlement auxquels ils ont interdit de jouer des farces devant le Châtelet : la cour demande à voir la farce (Ibid.). — Le 2 août 1460 Philippot Coffry, sergent à cheval, est privé de son office pour avoir joué des farces (Jbid.).

Prince je dis, qui n'a fait telz fatras, Qui n'a mené en son temps gaie vie, Qjui n'a servi sergens et advocatz, Il n'est digne d'aler en compaignie '.

On ne saurait douter qu'à cet égard, et à d'autres, Villon n'ait été digne de faire figure en bonne compagnie. Un document viendra peut-être le confirmer un jour.

Ce qui est bien certain, c'est qu'il n'a vécu ni de franches repues ni de poésie, pas plus que de l'air qu'il respirait. Et quand on le voit élevé dans un milieu de juristes, comme l'était la communauté de Saint-Benoît, et si au courant du monde du Châtelet, du Parlement, du Trésor et des gens de finance, quand on sait que son ami Montigny avait des attaches dans ce milieu, qu'on entend François Villon parler avec tant de justesse la langue du droit et manier ironiquement les formules de la chancellerie, on peut bien croire qu'il eut une vie régulière, que nous ignorons, à côté d'une existence passagère de désordre et de tapage. Sans doute il fut le clerc de quelque procureur ou travailla chez quelque trésorier des finances. On aurait tort de croire, d'ailleurs, que de telles occupations fussent incompatibles avec le métier de poète qui pouvait lui assurer seulement de la considération, et, à l'occasion, quelque argent de la part de ceux qui aimaient à entendre ses ballades.

Mais ils étaient assez rares encore ; et l'on compte les gentilshommes qui, par élégance, cultivèrent la poésie comme Charles d'Orléans, le roi René, le duc de Bourbon, Pierre de Brézé, Beauvau et Torcy. Or nous avons la preuve que, dans ce milieu de clercs, il y avait une tradition qui voulait que bon nombre d'entre eux écrivissent des vers. Que de registres de comptabilité, que de formulaires de chancellerie dont les

I. Bibl. Nat., fr. 2375 ; Marcel Schwob, Le Pâmasse satyrique du XV^ sikh, p. 139-140.

marges et les feuillets de garde ont reçu le dépôt imprévu de poésies ou des confidences lyriques de ceux qui étaient chargés prosaïquement de les tenir ' !

I. Voir par exemple un formulaire de chancellerie rédigé par un clerc de l'administration des finances vers 1483 (Bibl. Nat., fr. 5727); un autre formulaire de la même époque (Bibl. Nat., fr. 6142) et le Manuel de Pierre Amer, vers 1476 (Bibl. Nat., fr. 10988).

FR.\NÇOIS VILLON. Ij

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