‹ François VillonChapitre 162 sur 262 · Du Breul, p. 575-; Lebeuf, éd. Cocheris, II, p · texte numérisé non relu

Du Breul, p. 575-; Lebeuf, éd. Cocheris, II, p

étaient riches et connurent de puissants protecteurs, entre autres Blanche de Navarre qui leur avait donné en 1398 un clou de la Passion, acheté à des marchands vénitiens. Ils portaient une dévotion toute spéciale à la Vierge, à qui leur belle et sobre église était dédiée ; en 1433, Jeanne d'Evreux leur avait offert une statue en argent de Notre-Dame, tenant un pot de fleurs d'où sortait un lys et une urne de cristal renferrnant du lait de la Vierge ; quant à l'enfant, il portait un vase contenant des cheveux du Christ ' ; et Marguerite de Bourgogne, la veuve du connétable de Richemont, s'était fait enterrer dans leur couvent, en 1441.

Mais il est évident aussi que les universitaires avaient horreur des Carmes : on n'aimait pas tous ces Mendiants que l'on nommait malicieusement les « beaux Pères » :

Mais de tous enfFans sont les mères... ^ Et mesmement ceulx de Paris ; S'ilz font plaisir a nos commères, Ils ayment ainsi leurs maris 5.

Au temps de François Villon, les Carmes ne paraissent pas d'ailleurs avoir joui d'une bonne réputation ; ils avaient pris parti contre les curés, qui ne l'oubliaient pas ^ ; ils se prétendaient exempts de l'ordinaire, et leur prieur voulait avoir la connaissance de tous les délits commis par les religieux du couvent: c'est ce qui résulte d'une information au sujet de Carmes qui furent un peu plus tard arrêtés avec des filles, sous des habits dissimulés, et conduits au Châtelet où ils durent laisser leurs bâtons et leurs vêtements \ La prévôté

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