Arch. Nat., LL. 119, p. 513 (août
sieurs de Saint-Benoît de répondre qu'ils ne savaient pas qu'ils fussent tenus à autre chose qu'à recevoir leurs seigneurs honorablement, avec les encensoirs et en procession ; que néanmoins ils feraient tout ce que messieurs voudraient, quoiqu'ils ne sussent pas bien chanter! Or c'était là une réponse impertinente, puisque ceux de Saint-Benoît n'avaient pas en ce temps-là d'enfants de chœur, qu'on n'y chantait pas les offices, tandis que la maîtrise de Notre-Dame était déjà fort célèbre. Là-dessus on leur pardonna le passé en leur recommandant une plus grande exactitude dans l'avenir'.
Souvent aussi la lutte entre les deux églises dut prendre un caractère comique et féroce.
Ainsi, en 1364, les doyen et chapitre de Notre-Dame venaient en procession accoutumée, le jour de la fête du saint. Ceux de Saint-Benoît les avertissaient qu'ils n'eussent à attenter en rien à leurs privilèges, immunités et franchises ; qu'ils étaient un corps collégial de chanoines exempt de temps immémorial de la sujétion et correction de la cathédrale de Paris; que, pour remarque, ils avaient un coffre commun, un chapitre où ils s'assemblaient toutes les semaines, une fois ou plus, suivant le nombre des affaires, ou pour la correction des fautes ; qu'ils avaient justice temporelle et spirituelle, des officiers pour l'exercer, une prison pour mettre les délinquants : le tout bien autorisé par les privilèges des rois de France et confirmé par les papes.
Malgré ces remontrances ceux de Notre-Dame, après avoir dit la messe en la chapelle de Saint-Nicolas, au côté droit du chœur affecté aux prêtres et aux paroissiens, après avoir chanté l'antienne du saint, firent lire certain titre contredisant l'exemption invoquée par ceux de Saint-Benoît. Ces derniers s'y opposèrent, demandèrent acte à leur notaire, M^ Jean le Clerc, qui, étant aussi chanoine de Saint-Benoît, portait aumuce et avait revêtu, en cette triste fête, le surplis et la chape de soie. Mais il