‹ François VillonChapitre 18 sur 262 · I. Arch. Nat., L · texte numérisé non relu

I. Arch. Nat., L

L'ÉGLISE SAINT-BENOIT-LE-BÉTOURNE tl

s'éleva alors un si grand tumulte qu'il ne put être entendu ; ceux de Notre-Dame se ruant sur lui le jetèrent à terre, le foulèrent aux pieds et le menèrent prisonnier à la cathédrale. Un arrêt du Parlement intervint au sujet de ces violences : les doyen et chapitre de Notre-Dame furent condamnés à 500 livres d'amende envers ceux de Saint-Benoît ; à payer autant au roi, et 1 00 livres au pauvre notaire battu et emprisonné. Et, pour un temps, ceux de Saint-Benoît furent rétablis dans la franchise et sauvegarde du roi, comme devant'.

Parmi les membres de la communauté de Saint-Benoît on rencontrait, dans le premier quart du xV" siècle, un certain Guillaume de Villon. Il était originaire du village de ce nom, à cinq lieues de Tonnerre, au diocèse de Langres^ Ce clerc bourguignon était venu, comme tant d'autres provinciaux, étudier dans ce grand Paris où ils retrouvaient leur petite patrie dans les collèges, les cadres des nations universitaires, les chapelles, et qui conservaient toute leur vie leurs relations d'origine. Il était né au plus tard en 1400 et avait étudié le droit, entre 1421 et 1425, dans les écoles supérieures de la rue Saint- Jean-de-Beauvais, à l'enseigne des ContiinsK Dès 1421 il est dit maître es arts et reçu bachelier. Il reviendra bientôt dans ces mêmes écoles enseigner le décret comme professeur.

En 1423, maître Guillaume de Villon fut pourvu de la chapellenie'de Notre-Dame, dans l'église paroissiale de Gentilly, près Paris, vacante par suite du décès de maître Guillaume de Marie, le dernier titulaire : bénéfice modique puisque le revenu de cette chapellenie consistait en une redevance de blé mouture sur le moulin de Gentilly. La possession en fut cependant con^ testée au jeune bachelier en décret par un certain Guillaume Moret, lequel prétendait y avoir été nommé sous le feu roi Charles VI, au temps de la régale qui avait suivi la mort de

1. Du Breul, op. cit., p. 259-260 (arrêt donné le 19 février 1395).

2. Je ne fais guère que résumer M. Auguste Longnon, Etude biographique, sur François Villon, 1877, p. 16-20.

3. M. Fournier, La Faculté de Décret de l' Université de Paris, I, p. 219, 229, 264.

Gérard de Montaigu, alors évoque de Paris. L'affaire fut portée devant le Parlement et débattue le 19 juillet 1425. M^ Guillaume faisait observer que la chapelle de Notre-Dame n'avait pu être légalement donnée à Moret puisque sa vacance était postérieure de deux ans à la dernière régale de l'évêché : il demandait que sa cause fût renvoyée devant l'abbé de Sainte- Geneviève, conservateur des privilèges de l'église de Paris. Cette affaire, si simple et toute de droit ecclésiastique, demeura pendante, comme tant d'autres, durant de longues années. Le 22 janvier 1429 un arrêt du Parlement adjugea à M*^ Guillaume la jouissance de la chapellenie de Notre-Dame de Gentilly, tandis qu'il attendait toujours l'issue de son procès '.

Mais, déjà depuis plus d'un an, on voit que Guillaume de Villon était en rapport avec la communauté de Saint-Benoît-le- Bétourné dont il faisait sans doute partie \ Il demeurait au cloître Saint-Benoît dès 143 1, dans une maison aboutissant à la. Hélice de la rue Saint-Jacques: le logis de M^ Guillaume devait donc tenir aux charniers de l'église'. En 1443, le 2 septembre, il était cité devant l'ofïicial '^ ; cette année-là, on le voit qualifié de chapelain de la chapelle de saint Jean ; et il recevait de la communauté de Saint-Benoît, à charge d'une rente perpétuelle de 8 livres parisis, la maison de la Porte Ronge qui faisait le coin de la ruelle aboutissant à la rue de Sorbonne et regardait le grand portail de l'église. M*^ Guillaume f)ossédait en outre, dans la partie orientale du cloître, une petite maison ruineuse qui avait besoin de grandes réparations ; une autre maison voisine, à l'enseigne de la Cuiller K

C'était en ce temps-là un homme jeune encore, ayant du bien, un religieux ordonné et paisible disant ponctuellement son ofîice et préparant ses derniers examens de droit qu'il

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