‹ François VillonChapitre 192 sur 262 · Arch. Nat., LL. 295, p. 409. — 7. T., v · texte numérisé non relu

Arch. Nat., LL. 295, p. 409. — 7. T., v

8. Guillebert de Metz, dans Paris et ses historiens, p. 159 ; Antonio d'Asti, ihid., p. 541 ; Du Breul, op. cit., p. 74.

pour arriver au chevet de la petite église paroissiale de Saint- Christophe. Le collège des Dix-huit-Clercs était situé entre ces maisons et l'église \ Pauvre maison certes, et qui paraît alors tomber en ruine ^ ; pauvres clercs, en vérité, que ces écoliers qui sortaient pour jeter l'eau bénite sur les morts de l'Hôtel-Dieu et au sujet de qui, tour à tour le Chapitre et l'Hôpital se querellaient afin de ne pas leur procurer le pain, le vin et le potage ^ ; beau legs à faire que celui d'une bourse dans un tel établissement à deux riches et vieux chanoines de la cathédrale qui en ont la collation ^ !

La rue Saint-Pierre-aux-Bœufs, qui passait devant la petite église de ce nom, où les bouchers avaient leur confrérie, conduisait à la rue des Marmousets, dans laquelle venaient aboutir de nombreuses ruelles qui descendaient jusqu'à la Seine : la rue de la Colombe, où demeurèrent Nicaise de Bailly et son fils Jean, greffiers du Trésor ; la rue Saint-Landry, qui passait devant l'église de ce nom; la rue de Glatigny, qu'on nommait aussi rue du Val d'Amour, et où se trouvaient les maisons des filles. Rue des Marmousets demeurait Guillaume Colombel, l'élu de Paris : plus loin, cette rue prenait le nom de la Madeleine, église qui avait son entrée principale sur la rue de la Juiverie et son chevet sur la rue de la Licorne ; dans cette dernière demeurait Pierre Fournier, procureur au Châtelet. C'est dans l'église de la Madeleine que se réunissait la dévote Confrérie aux Bourgeois dont Guillaume de Villon faisait partie avec tout ce que Paris comptait alors de gens riches.

La rue de la Juiverie était une grande artère droite faisant

1. Les Dix-huit-Clercs avaient donné leur nom à la ruelle qui reçut au xviiie siècle celui de Venise. Voir ce qui a été dit à leur sujet au ch. VI.

2. Le 21 mai 1428,1e chantre de Notre-Dame était délégué pourvoir les réparations à y faire. Le 9 novembre 1431,1e chapitre ordonne à l'Hôtel-Dieu de la faire soutenir (Arch. Nat., LL. 261, p. 164 et s.).

3. Le 13 décembre 1445, le recteur de l'Université doit se plaindre au Chapitre « ut scolares possiat habitare et habere provisionem victualium necessariorum a Domo Dei Paris, et ab ipsis dominis... » (Arch. Nat., LL. 261). Voir aussi aux dates du 24 octobre 1449, du 16 août 1452.

communiquer l'Université avec la Ville par le Petit-Pont et le Pont Notre-Dame. Du côté du Petit-Pont, elle prenait le nom de rue du Marché-Palu, car c'était un lieu marécageux jadis, et les égouts de la Cité s'y réunissaient encore ; du côté du Pont Notre-Dame, elle se nommait rue de la Lanterne, passait devant Saint-Denis de la Châtre, une très antique petite église, plus basse de vingt marches que le pavage de la rue, et que l'on tenait pour une prison de saint Denis '. La rue de la Juiverie était très commerçante; il y avait là une halle pour vendre du blé que l'on nommait la Halle au blé de Beauce.

La maison que François Villon connaissait le mieux dans cette rue était certainement la célèbre taverne de la Pomme de Pin. C'était alors la première taverne de Paris ; et Robin Turgis, également messager à pied du Trésor, la tenait. Robin avait donc des rapports avec les mêmes personnes que François, et sans doute il fut son ami, car l'écolier parisien pouvait boire à crédit à la Pomme de Pin. La taverne avait une entrée presque en face de l'église de la Madeleine, une sortie par derrière sur l'étroite rue aux Fèves où se trouvait le jeu de paume du Trou Perrette, une façon de mauvais lieu tout à fait convenable à léguer à un jeune religieux ^

Une autre des connaissances de Villon dans la Cité était un paroissien de Saint-Germain-le-Vieux, église qui avait son entrée sur le Marché-Neuf et dans la rue de l'Herberie, où demeuraient les herboristes : c'était Colin Galerne, barbier et marguillier de l'église, que François Villon nommera « son barbier ». Il habitait la maison voisine de celle de l'herboriste Angelot Baugis. Mais il reste bien douteux qu'il coupât les cheveux de Villon et lui rasât le visage ^ Galerne devait surtout exercer la

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