Jean de Jandun, op. cit., p
3. Journal de Nicolas de Baye, introduction par A. Tuetey, II, p. xiv ; F. Aubert, op. cit., I, p. 392 et s.
André Cotin, Philippe Braque, Barthélémy Claustre, Jean Angenoust, Louis Raguier, Jean de la Vacquerie, conseillers.
Et comme ils portaient un chaperon fourré d'écarlate, de gros manteaux qui les faisaient dire a armez de leurs manteaux fourez » \ Villon, qui excelle à bien voir, se représentera dans la ballade des contradictions :
Nu comme ung ver, vestu en président ^.
Quant à la Chambre des Requêtes, elle comprenait six maîtres : elle était installée, depuis le règne de Charles V, dans une petite salle « assise au coin de la grande salle du Palais ». Un clerc, des huissiers et des sergents y demeuraient attachés. Ce sont de puissants personnages qui ont connaissance des causes des personnes privilégiées'. Villon a pu y voir Jean Baubignon, chanoine ; mais toutes ces grandeurs ne lui en imposaient guère, à lui qui avait tant médité sur l'égalité des êtres devant la morf^ :
Quant je considère ces testes Entassées en ces charniers, Tous furent maistres des requestes, • Au moins de la Chambre aux deniers,
Ou tous furent portepanniers : s Autant puis l'ung que l'autre dire...
Les affaires criminelles étaient alorsjugéespar des conseillers laïcs choisis dans la Grand'chambre, Ils se réunissaient pour cela certains jours, en général le vendredi et le samedi, dans la petite tour de saint Louis, appelée la Tournelle, située derrière la Grand'chambre ^ : elle était meublée de bancs, sur lesquels il y avait des coussins, de dressoirs, d'un buffet, comme toutes les salles de justice enfin ^ Un greffier particulier enregis-
I. F. Aubert, op. cit., I, p. 115, note. — 2. Poés. div., VII, v. 5. 3. F. Aubert, op. cit., p. 31. — 4. T., h. 149. — 5. Colporteurs.
6. F. Aubert, op. cit., p. 19 ; Journal de Fauqiiembergiie, 26 janvier 1432.
7. Bibl. Nat., Dupuy 250. Le 22 janvier 1410,00 avait décidé que le mobilier serait renouvelé et on devait employer à cela le revenu des amendes.
trait les plaidoiries criminelles, allait au Châtelet et à la Conciergerie recueillir les contessionsdes détenus, accompagnait les criminels aux exécutions et donnait ensuite un repas aux huissiers '. Au temps de François Villon, les présidents de la Tournelle furent Nanterre, Boulenger et Thiboust, qui alternaient tous trois ^ : ce dernier était parent du chanoine de Saint-Benoît. Enfin Villon fera l'exécuteur de son testament de pauvre le riche Guillaume Colombel, a sire Colombel ' », payeur des gages de tout ce Parlement.
On nommait a Conciergerie du Palais Royal » une suite de bâtiments régnant autour d'une grande cour, en bordure de la Seine. C'était l'ancien séjour de saint Louis qui avait servi dans la suite au concierge du Palais,: ofhce considérable dont le roi disposait seul. Car le concierge avait la garde des clefs du Palais, la surveillance des portiers, des sentinelles et des geôliers, toute juridiction dans son enceinte. La reine Isabeau avait été concierge du Palais et le chancelier obtint souvent cette charge: ces grands personnages y déléguaient naturellement un lieutenant-^. Cette « conciergerie » valait donc mieux que celle de Gouvieulx ! Dès le xiv^ siècle la Conciergerie sera surtout une prison. On utilisera les tours, et principalement le gros donjon >, pour y loger les prisonniers.
La geôle de la Conciergerie était mise à ferme : le geôlier achetait cette charge et y déléguait le plus souvent un commis. Il devait assurer la nourriture des prisonniers et fixait pour eux la dépense de bouche ^ Un tableau, que l'on cachait parfois aux prisonniers, contenait l'ordonnance de la geôle et les taxes qui pouvaient être perçues sur eux " . Le geôlier pensait surtout à rem-
1. Arch. Nat., U. 466, fol. 78 vo. Sentence obtenue par Jean de Lespine, greffier criminel, contre Gilles de Moulins, audicncier du roi, le 2 décembre 1454.