Voir ch. IV
de Chanteprime. Elle avait épousé Girard de Bruyères, trésorier des finances, qui mourut avant 1444: elle pouvait alors avoir près de soixante ans. Or Mademoiselle de Bruyères vécut désormais près de sa fille, Isabelle de Bruyères, veuve aussi de son premier mari, Regnaud de Thumer}% maître des monnaies, et qui épousera en secondes noces Thomas Corneille, le changeur '.
Ces gens de finance paraissent avoir été fort connus de \^illon. Car il n'ignorait pas que Catherine de Bruyères avait de grands biens à Paris'. Il savait que cette vieille « demoiselle » aimait les procès : et, sans doute, le Roman du Pet au Diable faisait allusion à celui qu'elle avait intenté au sujet de sa borne. C'est un fait qu'elle plaidait en 1448 contre le Temple ' et, en 146 1, contre le grand Prieur de France au sujet de rentes ^. Dans un procès du 12 octobre 1454 qu'elle soutint contre Eustache Luillier, avocat au Parlement, au sujet de sa part de l'héritage de Jean de Béthisy, son neveu, Nicolas Gossemart, procureur au Châtelet, s'estima offensé déclarant que « les aucuns articles desquelles escripturessentoient et portoient blasme et diffame » de sa personne. Il demandait le double de ces articles pour faire poursuite des « injures et vilenies » contre lesquelles il protestait. Et Mademoiselle de Bruyères de déclarer que ces écritures avaient été rédigées par Pierre Mauger, son avocat,
1. Bibl. Nat., Clair., 763, 4 novembre 1444; 8 août 1445 ; 26 juillet 145 1.
2. Girard de Bruyères, trésorier de Nîmes, et Catherine, sa femme, achètent, le 21 juillet i}99, d'Adam de Coulombes, marchand, 18I. de rente sur une maison rue des Gravilliers, tenant d'une part à Jean Calais, d'autre à Eustache Morel (le poète Eustache Deschamps) en lacensive de Saint-Martin des Champs (Arch. Nat., S. 1448), fol. 18 vo) ; le 29 mars 1446 (n. st.), Catherine de Bruyères sollicite le rachat de 73 s. p. de rente que les Bonnes Femmes de la chapelle Haudry ont droit de prendre sur sa maison, où pend l'enseigne du Cerf Volant, sous les pilliers des Halles (Bibl. Nat., Clair., 763). On voit qu'elle possédait là une autre maison, à l'enseigne de l'Ecii de France, dont elle voulait se faire attribuer le jardin (Bibl. Nat., fr. 22592). En 145 1, elle avait une maison rue au Maire (Arch. Nat., S. 1^97 ^, 146^) ; en 1457, '^^^^ maisons rue du Puits joignant les hoirs Chanteprime (Arch. Nat., MM. 135, fol. 48 v») et trois maisons rue des Singes (/*/if., MM. 133, fol. 58 vo), l'une à V Image Saint- Christophe.