Arch. Nat., S. 1648, fol. 143 vo
4. Livre des Trois Vertus (Bibl. Nat., fr. 1177, fol. 201). Cf. Mathilde Laigle, op. cit., p. 361 et s.
les repaires où vous demeurez; allez prier au moûtier et suivez les sermons ! Et puisque votre corps est assez solide pour supporter les nuits mauvaises et les coups, gagnez votre vie par le travail : faites la lessive, filez, gardez les accouchées et les malades, demeurez dans une petite chambre en rue honnête. — Telles étaient les exhortations que Mademoiselle de Bruyères et ses suivantes pouvaient faire aux filles de joie.
En 1465, Mademoiselle de Bruyères avait quatre-vingts ans : on la dit tellement débilitée « qu'elle ne peut bonnement entendre au fait de ses biens et besognes sans curateur. » A la demande de sa fille et héritière, on lui donna pour curateur son petit-fils Denis de Thumery'. Cette vieille dame mourut la même année ".
Nous en savons assez maintenant pour comprendre pourquoi François Villon a mis sa ballade des femmes de Paris, qui ont si ce bon bec », sous l'invocation de cettedame procédurière et dont les conclusions, dans une affaire, étaient tenues pour des a injures et vilenies » ; pourquoi cette ballade suit le trait qui vise les marchandes du « Marché au fille ».
Car nous retrouverons auprès des Halles cette place dite «Marché au fille », plus ordinairement de la Lingerie, contiguë au cimetière des Innocents '. Jadis elle avait été concédée par saint Louis aux lingères de Paris. Dans cette halle, aucune femme ou fille ne pouvait être admise à tenir étal, si elle n'avait travaillé sous la surveillance des matrones ; et il importait qu'elle fût bien famée et de bonne conduite. Quand il arrivait qu'une lingère avait agi en fille ou femme de mauvais renom, une des maîtresses la réprimandait et l'exhortait à se mieux conduire ; si elle persistait, les maîtresses se réunissaient et chassaient ladite vendeuse de la halle. Ce qui arrivait parfois ^.