‹ François VillonChapitre 223 sur 262 · Arrêt de janvier 1466, n. st · texte numérisé non relu

Arrêt de janvier 1466, n. st

3. « Certa platea vocata Falla de Linificio existente contigua et contra murum cimiterii Sanctorum Ignoscentium », dit le document d'où on a tiré les détails qui suivent (Arch. Nat., X" 36, foi. 31, 3 juillet 1468).

4. Sur les lingères de Paris, voir Arch. Nat., JJ. 181, fol. 6.

28o FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS

Ainsi les maîtresses lingères se plaignaient de Guillemettc des Mares dont l'apprentissage avait été fort peu suivi, et qui parfois travaillait seulement deux ou trois heures par semaine. Les maîtresses lui avaient plusieurs fois adressé des remontrances ; on avait averti sa mère et on lui avait donné l'ordre de ne plus paraître à la halle. Mais au jour de la Saint-Louis, bienfaiteur des pauvres lingères, elle était venue danser avec les autres jeunes filles. Les matrones avaient alors fait cesser la danse et conduit les lingères dans une taverne où la fête se continua. C'est ce que put voir Jean Mautaint, examinateur au Châtelet, qui s'y était transporté sur la requête des parents de la jeune fille ; car celle-ci était de bonne conduite et vierge, comme l'avaient constaté les chirurgiens et les quatre matrones jurées de Paris. Sur quoi le Parlement adjugea son étal à Guillemette des Mares que les maîtresses lingères poursuivaient à tort \

Relisons maintenant le legs de Villon à Catherine de Bru3'ères ^ :

Item, pour ce que scet sa Bible Madamoiselle de Bruyères, Donne preschier, hors l'Evangille, A elle et a ses bachelières. Pour retraire ces villotieres Qui ont le bec si affilié.

Mais que ce soit hors cymetieres :

Trop bien au Marché au fille 3.

Ainsi la pieuse et vieille demoiselle et ses auxiliaires (les matrones par exemple que nous avons vues à l'œuvre) devront faire des prédications (hors du texte évangélique naturellement !) pour convertir ces filles de mauvaises vie, les lingères parisiennes qui, comme la prédicante, « ont le bec si affilé ».

Page 1