‹ François VillonChapitre 234 sur 262 · Marot, I, p · texte numérisé non relu

Marot, I, p

5. Villon se souvient que Deschamps a dit dans son Testament (^Œuvres, VIII, p. 29:

J'ai eslcu ma bière — En l'air pour double de périr.

Item, j'ordonne a Sainte Avoye, Et non ailleurs, ma sépulture ; Et, affin que chascun me voie, Non pas en char, mais en painture.

Que l'on tire mon estature D'ancre, s'il ne coustoit trop chier.

De tombel ? riens : je n'en ay cure. Car il greveroit le planchier.

Dans le quartier de Sainte-Avoye, comme dans celui des Blancs-Manteaux, nous rencontrons d'ailleurs beaucoup de connaissances du poète, de gens qu'il a nommés '. C'est en effet la région habitée par les bourgeois riches de Paris qui y possèdent de belles maisons. Rue du Temple, par exemple, demeurent les héritiers de Pierre de Breban et Jean de Blarru ; rue Barbette, on rencontre plusieurs maisons à Jacques et à Jean Perdrier, qui touchent aux vieux murs et sont mises en criée en 1457 ; rue de Paradis, on trouve les héritiers de Hémon Raguier, qui ont leurs hôtels tenant aux religieux des Blancs- Manteaux, ces Guillemites, vêtus de noir, qui occupaient la place que saint Louis avait accordée aux serfs de la Vierge. Rue des Blancs-Manteaux, on rencontre encore Antoine Raguier, le trésorier des guerres, les Perdrier : Guillaume habite devant l'église ^ Rue du Plâtre, Guillaume Colombel avait une maison ainsi que M^ Pierre Lorfèvre. Rue du Puits, du côté des Blancs- Manteaux, on trouve encore Jacques Perdrier ; Pierre Mauger y est voisin de Raguier, et Mademoiselle de Bruyères a une maison touchant à celle des Chanteprime. Rue des Singes, nous retrouvons encore Mademoiselle de Bruyères avec trois maisons, ainsi qu'Etienne Brunel ; rue des Rosiers, Thibaud de Vitry et Chariot Bailly ; rue des Escoufles, Thomas Cor-

1. Tous les renseignements qui suivent sont tirés d'un censier du Temple de 1457 (Arch. Nat., MM. 135-137).

2. Dans cette église on voyait les tombeaux de Hémon Raguier, trésorier des guerres (fie 11 novembre 1433, et inhumé aux Blancs-Manteaux en 1447); de Mathieu Beauvarlet, trésorier des finances de Charles VII et Me des Comptes ; de Jean Perdrier, clerc de la Sainte-Chapelle, •{- 1376 ; de Guillaume Perdrier, secrétaire du roi, Me de la Chambre aux deniers (Lebeuf, add. Cocheris, I, p. 372).

neille. Rue du Chaume, dite du Grand-Chantier, demeure Jean de Provins, le pâtissier, qui est très vraisemblablement le personnage nommé par Villon à côté de Turgis, le marchand de vin, et de Moreau, qui doit être Jean Moreau, le maître rôtisseur ; Jacques Fournier y possède une maison à cause de sa femme, la fille de feu Nicolas Vivien. Dans cette rue s'élève la chapelle que le richissime, Philippe Braque, aïeul des parents de Montigny, a fait élever, ainsi que l'hôtel où l'on héberge les pauvres femmes. Les descendants de Braque ont le droit d'assister au festin qui se donne le jour de la dédicace ; et c'est un fait que Jean James, maître des œuvres de la ville, le père du légataire de Villon, fit abattre vers 1444 un pignon sur rue, près de la chapelle, très périlleux pour les passants'. Rue de la Bretonnerie, près de Sainte-Croix % on voit les hôtels de Simon Charles, le président de la Chambre des Comptes ; de Jean de Blarru,de Michel Piedefer, de Guillaume de Corbie ; et les hoirs Montigny y eurent une maison qui faisait le coin de la rue des Singes.

En prenant l'une des rues transversales, la rue au Maire ou la rue des Gravilliers, on trouvait la longue et grande rue Saint-Martin, où demeuraient les ouvriers d'étain '.

Le prieuré de Saint-Martin des Champs s'élevait au bout de cette rue, non loin des remparts et de la grosse porte Saint- Martin. Le prieur, jusqu'en 1452, fut Jacques Séguin, ce religieux qui aimait à recevoir à une bonne table ses amis, et chez qui fréquenta Guillaume de Villon '^. Jacques Jouvenel des Ursins, patriarche d'Antioche, évêque de Poitiers et président

1. Arch. Nat., S. 4287, censier de la chapelle Braque de 1441 à 1444.

2. Dans cette église, où les huissiers du roi et les sergents à cheval ont leur confrérie, on trouve les tombeaux de Jean le Picart, Me général des Comptes, f 1456 ; de Jean de Popaincourt, président au Parlement, f 1487 ; de Jean de Canlers, conseiller au Parlement, f 1487 et de Catherine Roussel, sa femme (Lebeuf, add. Cocheris, p. 366-367J.

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