L'équivoque n'est donc pas douteuse
8. Il y a encore ici un jeu de mots dont rend compte la ballade : On parle déporter devise (Ms. fr. de Stockholm, LUI, fol. 20 vo) :
Car prenons que tout billon faille — Tant que courra mounoye estrange — Ung rot vauldra deux petz en chambge.
9. Panurge dira qu'il a « ung estomac tousjours ouvert comme la gibecière d'ung advocat. » L. I, ch. 39.
10. « Rue du Temple depuis le Goin de Frappault jusques oultre l'ancienne porte lez Saincte Avoye. a (Arch. Nat., 1461^). — Gouvent démoli lors du percement de la rue de Rambuteau en 1838, et qui avait été d'ailleurs entièrement reconstruit pour les Ursulines au xviie siècle (Voir Arch. Nat., N3 Seine, 347-348). A cette époque les seules reUgieuses étaient enterrées sous le chœur de la chapelle, qui était assez élevé.
au moins quinquagénaires. Et tous deux avaient choisi' comme patronne sainte Hadvise, veuve d'Henri le Barbu, morte et canonisée depuis peu. Mais en français on appelait cette sainte polonaise Avoye '.
Un hôpital y était annexé, puisqu'en 1424 on nommait les religieuses dirigeant cette communauté les « bonnes femmes maîtresses de l'hôpital Sainte Avoye » ; et c'est un fait qu'en 1429, quand le duc de Bourgogne et sa sœur la duchesse de Bedford entrèrent à Paris par la porte Saint-Martin, ils y firent leur offrande \ Comme d'autres communautés de femmes de ce temps-là, par exemple les Béguines, les Filles- Dieu, ces religieuses étaient très pauvres, et elles vivaient peut-être dans un certain désordre. Bientôt même, il n'en restera plus que trois pour garder leur maison qui tombait en ruinée C'est là cependant que Villon demandera à être enterré. Sans doute sainte Avoye était plaisamment la sainte qui remettait les dévoyés dans le droit chemin '^ ; or il y a lieu de croire que c'est pour d'autres raisons que François Villon demanda si singulièrement à reposer dans cet hôpital de veuves quinquagénaires. L'idée est amusante en soi ; mais du texte même du Testament du poète, il demeure évident que l'on n'enterrait pas à Sainte-Avoye K
La chapelle se trouvait en effet au premier étage et le plancher était fléchissant. Inutile donc de penser à y élever un de ces tombeaux de marbre ou d'albâtre, comme en faisaient faire en ce temps-là les gens riches dans les couvents. Un simple dessin à l'encre suffira pour représenter le pauvre poète ^ :
1. Lebeuf, éd. Cocheris, II, p. 208; F. Bournon, Additions, p. 139, 324; L. Legrand, Mémoires de la Société de l'Hist. de Paris, XX.