Guillebert de Metz, p
5. Bibl. Nat., Dupuy, 250, 8 août 1455, 31 décembre; 22 janvier 1456 n. st. ; 14 février 1459 ^- ^t- Cf. le legs de l'équivoque cornette (corde de la potence) que fait Fin Ruby (Montaiglon, Anciennes poésies françaises, XIII, p. 7) :
A ces gorriers portans visaige palle — Rongneux, rafleurs, farcis de grosse galle, — Pour cest yver a chascun sa cornette — Prise aux faulxbourgs de Paris et aux Halles.
poitrine'. La halle au blé se tenait au milieu d'une cour en forme d'arc, entourée de bâtiments ; et il y avait, non loin, une série de petites rues qui ye coupaient à angle droit, où étaient installées la halle au cordouan (des cuirs), la poterie, la friperie. On y voyait aussi du pain et des fruits amoncelés ; dans la belle saison, des pyramides de poires empilées comme le charbon sur la place de Grève ^ Quant aux marchands de ferraille et aux lingères, leurs échoppes étaient adossées sur les deux côtés du cimetière des Innocents.
C'était là un endroit de Paris que connaissait bien Villon : la lingerie surtout, que l'on appelait encore le « Marché au fille «.Malgré le soin que prenaient les matrones de s'assurer de l'honnêteté des jeunes marchandes qui vendaient la lingerie, il y en avait, on l'a vu, de conduite légère \ On n'en saurait douter aussi : entre toutes les marchandes de Paris qui ont le bec prompt à la riposte, celles-ci doivent se distinguer : car c'est en leur souvenir que Villon a composé la belle ballade des Dames de Paris, et aussi pour se moquer de Mademoiselle de Bruyères, la pieuse dame qui possédait d'ailleurs deux maisons aux Piliers '*, non loin du pilori, et que Villon imagina préchant la Bible aux lingères.
De plus les Halles étaient alors un véritable lieu de plaisir. Il y avait de bons cabarets dans le voisinage, comme les TrumeUères où Villon dit avoir laissé en gage ses braies \ On voyait des jongleurs planter leur bannière et jouer leurs farces sur la place; d'autres donnaient leurs représentations dans des chambres^. Aux Halles enfin se rassemblaient les vagabonds oisifs qui jouent aux dés, blasphèment les noms de Dieu, de la Vierge et
1. Jean de Jandun, p. 51. Cf. L. Biollay, Les anciennes halles de Paiis, dans les Mém. de la Soc. de l'hist. de Paris, III.