‹ François VillonChapitre 243 sur 262 · Arch. Nat., X" 17, 6 octobre · texte numérisé non relu

Arch. Nat., X" 17, 6 octobre

des saints. Quand on les prend sur le fait, on les fustige devant le portail des Halles '.

Maintes fois aussi François Villon dut entrer aux Innocents. C'était le plus vaste cimetière de Paris, l'un des plus anciens, clos de gros murs de dix pieds comme une ville, et percé de trois portes ^ L'entrée principale ouvrait dans la rue Saint- Denis ; sur cette rue régnait également l'église. Au portail on voyait sculptée dans la pierre l'histoire des trois vifs et des trois morts que Jean duc de Berry avait fait exécuter l'an 1408 '. Trois nobles jeunes gens y faisaient voler l'oiseau dans la forêt et s'arrêtaient tout interdits devant l'apparition de trois spectres hideux, images de la mort. Un moine, saint Macaire disait-on, tirait la morale de cette lugubre et vieille histoire qu'André Orcagna avait peinte lui aussi, avec quelques variantes, au Campo Santo de Pise. Nous n'avons plus les vers ni l'image de la vision sculptée au portail de l'église du grand cimetière parisien : mais on peut croire que Guyot Marchand, libraire et enfant de la ville, les reproduisit exactement dans les Dis des trois mors et des trois vifs qu'il publia en i486. On y voit le moine accroupi dans sa grotte, tenant à la main son chapelet et le phylactère à sentence ; la forêt de la vie y est figurée par trois arbres feuillus qui ressemblent fort aux arbres des jouets de Nuremberg ; trois cadavres rongés de vers, la panse ouverte, parlent avec des gestes dolents. Sur une autre planche sont représentés les trois jeunes seigneurs qui font voler l'oiseau, montés sur des chevaux richement housses : mais au spectacle des morts l'un d'eux a mis pied à terre et son cheval se cabre de terreur.

On y lit les vers où l'ermite tire la morale de cette historiette :

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