‹ François VillonChapitre 246 sur 262 · XX · texte numérisé non relu

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.e Cimetière des Innocents vers 1460

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enfants surtout : on en creusa cinq aux Innocents \ En ce temps-là le fossoyeur était joyeux - :

Le Fossoyeur Du temps de la mortalité, Ma bourse d'argent estoit grosse

Le Valet Et aussi c'est abilité, Maistre, de bien faire une fosse

Le Fossoyeur Ou est le temps que mort escosse Grans et petis, jeunes et vieux.

Aussi drus comme pois en cosse ?

On s'en cource et je suis joyeux !

Mais la terre des Innocents avait cette propriété de faire vite sa besogne \ Dans la suite le fossoyeur allait loger les pauvres squelettes dans les greniers, les galetas de bois du premier étage des charniers, où ils pourissaient à leur tour.

Durant les beaux jours, et quand la mortalité était faible, le cimetière des Innocents était un des endroits les plus fréquentés de Paris '^. Il ser\'ait de but de promenade : les bourgeois venaient y écouter des prêches; ils faisaient le tour des charniers où se dressaient toutes sortes de petites boutiques K On devait même sévir contre de soi-disant libraires, merciers, ferronniers et autres marchands qui exposaient leur camelote jusque sur les tombes des défunts. Les marguilliers des Saint-Innocents les toléraient et parfois leur vendaient ces places. On assurait que parmi eux il y avait de ces marchands qui ne craignaient pas de

I. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 11 5-1 16. — 2. Vieux Testavient, v. 35113.

3. Thomas Flatter, Mémoires de la Société de î'Hist. de Paris, XXIII, p. 199. — En trente ans le dernier fosso\'eur, François Poutrain, aurait enterré 90.000 corps : « Notez que les fossoyeurs n'achètent jamais de bois l'hiver, car ils se chauffent avec des bières qu'ils coupent et emportent des cimetières ; par la même raison, ils n'ont pas besoin de dépenser de l'argent pour avoir des chemises », lit-on dans le Tableau de Paris de Mercier, 1783, I, p. 240.

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