‹ François VillonChapitre 247 sur 262 · Abbé Valentin Dufour, La Danse Macabre, p · texte numérisé non relu

Abbé Valentin Dufour, La Danse Macabre, p

5. C'était vrai encore au temps de Sébastien Mercier dont il faut lire le ch. 84 du Tableau de Paris (éd. de 178}, I, p. 247 et s. : Les écrivains des charniers des Innocents).

devenir les receleurs des voleurs, ces fils d'iniquité \ Les alentours du cimetière étaient bruyants et très gais : on entendait les ferrons qui battaient leur enclume contre le mur, et les cris des marchands de la Halle.

Le cimetière, ouvert, demeurait surtout le rendez-vous des chiens, des'alchimistes, des filles, des galants qu'on appellera les « secrétaires des chambrières "" ». Parfois on y donnera des fêtes très singulières : par exemple, à l'occasion de l'entrée de Henry VI à Paris, une chasse au cerf. On y voit aussi d'étonnantes processions, comme celle des douze mille enfants portant des torches "^1 le Jeudi-Saint, l'évoque de Paris y fait un sermon K

Le Jour des Morts, un sergent à verge se tient à chaque porte, et doit veiller à ce que l'accès demeure possible; d'autres font circuler le peuple dans les allées. Il s'élevait alors aux portes des rixes suivies d'arrestations : car certains, qui n'étaient pas autorisés à le faire, voulaient y vendre des échaudés, des gaufres et des craquelins. Ainsi une lingère, qui avait un étal à la porte des Innocents, constatait que, dès sept heures du matin, il y avait là une table que la femme de Jean Charrier, pâtissier, avait mise dès minuit. La pâtissière appelle le sergent. Une dispute s'ensuit et le sergent procède à une arrestation; la table est renversée, les enfants et autres assistants dévorent les gâteaux ^.

Les tristes charniers étaient le cadre immuable de ces scènes tantôt lugubres, tantôt joyeuses. Ils formaient un cloître de quatre-vingts arches environ, où se faisaient enterrer les riches bourgeois de Paris qui les avaient élevées : ils y mettent leurs

1. Livre rouge vieil du Châtelet (Bibl. de la Préfecture de Police, fol. 425, ad. a. 1401).

2. Noël du Fail, § des bons larrecins — Cf. Sauvai, Chronique scandaleuse de Paris, p. 23 ; p. 28, l'ordonnance de saint Louis enjoignant aux filles de séjourner loin des cimetières.

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