PL IV
^cr»vt
Vfr
f- :^^f^<^'^3t pCS^ii^t^at^ tv.^^*yî fljlj^
>tÀ\'^ 3v«rci? fv^v-^7 l-hvTfei.hv»{^yC^
e-ca.
^^^vv«^ il*T*^^»#- <*>c*«>vv*i %^ i
Page du registre de la Nation de France
.11/ l'v/ ins'-rilc la licence Je Frjii^ois Villim Bibi. de l'université : ms. n" 11
Le chancelier de Notre-Dame, assisté de quatre examinateurs, un de chaque Nation, faisait passer cet examen ; ou bien le chancelier de Sainte-Geneviève, institué par une bulle du Pape dont il était le délégué à Paris, ly'examen subi dans la salle de l'Evêché se nommait l'examen d'en bas ; celui passé dans la nef de Sainte-Geneviève s'appelait l'examen d'en haut. A la fin de chaque audition le chancelier conférait la licence au candidat admis, avec la bénédiction apostolique. La licence était accordée gratuitement, sauf quelques sous payés pour l'herbe et la paille : car on jonchait de paille en hiver et d'herbe en été l'endroit où se passait cette épreuve. L'examen n'était pas très sévère, bien que les matières parussent âpres au premier abord.
Le licencié devait alors se faire agréer par ses nouveaux collègues dans une sorte de cérémonie, Vinceptio. Le récipiendaire parcourait la rue du Fouarre avec le bedeau de sa Nation demandant aux maîtres des quatre Nations s'il leur plaisait qu'il célébrât son inceptio. Agréé, il prêtait serment entre les mains du recteur de respecter les privilèges de l'Université, de la Faculté des Arts, de sa Nation, quelque position qu'il occupât plus tard. Puis le maître sous lequel il avait étudié prononçait une harangue et lui imposait le bonnet, insigne de la maîtrise.
C'est ce qui arriva à François Villon, entre le 4 mai et le 26 août de l'année 1452. Il étudiait alors sous Jean de Conflans, maître es arts, ancien boursier royal du collège de Navarre^ élu procureur de la vénérable Nation de France dès 1446. Et ce maître inscrivit de sa main le nom de l'élève parisien, dont la bourse valait 2 sous, sur le registre de sa Nation :
Domimis Franciscus de Montcorhier de Par. eu jus hursa ij s. p.\
Parmi les personnages que nous retrouverons dans la suite de cette histoire, et dont quelques-uns devinrent des léga-
I. Bibl. de l'Cnivcrsitc, Reg. de la Nation de France, ms. no i, fol. 155 r°. — Un peu plus bas on lit : Dominus Franciscus de Montcorhier de Parisitis incepturns sub ma. de Conflans, tune procnratore ... ijs. Cf. A. Longnon, Etude biographique, p. 12-15.
taires du poùtc, voici ceux qui appartinrent à l'Université au temps des études de François Villon.
En 1446 Jean de Calais était déterminant (bourse de 9 s. 8 d.) et, l'année suivante, fut reçu maître es arts (bourse de 11 s.). En 1447 Pierre Genevoys était procureur de la Nation de France au Châtelet, où il faisait la grosse des écritures, et Jean de Vaudetar, avocat. En 1448 Guillaume Charruau fut reçu bachelier (bourse de 7 s. 9 d.) ainsi que Jacques Couraud de Bourges (7 s. 9 d.), Robert Piedefer(5 s. 8 d.), Robert Vallée du diocèse de Poitiers (2 s. 4 d.) et Guillaume de Plaisance du diocèse de Sens. Parmi les licenciés de l'année 1449 on rencontre encore Guillaume Charruau, Robert Vallée, Jacques Couraud ; parmi les bacheliers de 1450, Pierre de la Barre de Vannes et François Ferrebouc ; Pierre de Breban était licencié. En 1452, Thomas Tricot, du diocèse de Meaux, dont la bourse valait 7 s. 8 d., et Martin de Bellefaye, de Paris, dont la bourse était de 5 s., furent reçus bacheliers '.
Ainsi, dans sa vingt et unième année accomplie, François Villon avait obtenu ce grade suprême de la Faculté des Arts, celui qui permettait l'accession à tous les autres. Mais avait-il entre les mains autre chose qu'un simple certificat ? Etait-il apte à tout et à rien, le pauvre maître es arts ? Un bénéfice pouvait-il être attaché à ce grade ?
Pour résoudre ce problème, il faut savoir que nous sommes alors au lendemain du Grand Schisme, qui diminua si fort la papauté au profit de l'église nationale et des droits du roi, et qu'un nouveau règlement des matières ecclésiastiques vient d'être donné à Bourges (1438).
Or, à côté de grandes questions théoriques comme la suprématie du Concile sur le Pape, l'assemblée de Bourges a fait sien le décret des Pères de Bâle rétablissant l'usage et la forme ancienne des élections ; elle a consacré le principe que les papes ne pourront plus se réserver la collation des béné-
^ 1. BibL de l'Université, Reg. de la Nation de France, ms. n" i, passim.
fices dans les églises cathédrales ; surtout elle a défini étroitement ce droit de collation \ Les bénéfices appartiendront désormais aux gradués. Et l'assemblée de Bourges a déclaré qu'elle entendait que les suppôts des Universités jouissent des deux tiers des prébendes attribuées par le Concile aux gradués ; les Universités les désigneront elles-mêmes aux patrons des bénéfices, quand il y aura lieu à présentation -. Ainsi devaient être portés aux dignités des hommes probes et savants.
La question n'est pas douteuse : la maîtrise es arts faisait de Villon un gradué '. On désignait autrefois par ce mot tous ceux qui avaient obtenu des degrés dans quelque Faculté. Villon était donc bien ce qu'on appelait un gradué en forme : il pouvait par conséquent jouir du privilège de la Pragmatique +. Cette ordonnance avait distingué les gradués simples, c'est-à-dire ceux qui n'avaient que des lettres de leur degré accompagnées des lettres du certificat de leur temps d'étude, et les gradués nommés : ces derniers avaient de plus l'avantage d'être inscrits dans le rôle d'une Université et d'en avoir obtenu des lettres de nomination adressées à quelque collateur \ La Pragmatique avait affecté le tiers de l'expectative aux gradués indistinctement, laissant aux collateurs la liberté de choisir ; elle attribuait les deux autres tiers aux seuls gradués nommés ^ Et, durant tout l'ancien régime, les plus anciennes universités, les « fameuses universités », eurent le droit d'accorder aux gradués des lettres de nomination à l'effet de pouvoir requérir des bénéfices vacants pendant certains mois de l'année. Ces lettres, signées par le greffier et scellées du sceau de l'Université,