‹ François VillonChapitre 41 sur 262 · Chart. Univ. Pu'is., IV, p · texte numérisé non relu

Chart. Univ. Pu'is., IV, p

nelle, la plus étendue qui ait jamais été imposée à l'Université, fille du Pape plus que du roi, l'œuvre d'un religieux travaillant par délégation du pouvoir pontifical !

Cette réforme s'appliquait à la fois aux quatre Facultés. Aux théologiens, elle recommandait la gravité des mœurs^ la décence de la tenue ; elle abaissait le prix de ces repas que les docteurs exigeaient des nouveaux bacheliers après les actes. Cours, examens, leçons, sermons deviendront obligatoires et réguliers. Dans la Faculté de Décret, elle détermine le prix des bourses que les docteurs surfaisaient aux candidats: elle permet aux hommes mariés l'accès de la Faculté de Médecine.

Mais surtout la Faculté des Arts, celle où étudia Villon, fut visée par la réforme. Le cardinal dénonce les pédagogues et les principaux maîtres des maisons comme de vulgaires ambitieux, avides de gain, qui font racoler les écoliers dans les maisons, les tavernes et les hospices ; il poursuivra ces arrangements d'argent entre maîtres et écoliers ; les économies faites sur la nourriture de ces derniers. Il interdira les taxes trop élevées dans les examens, les repas somptueux qu'il faut donner aux maîtres pour obtenir les grades. Quant aux écoliers, ils seront dès lors décemment vêtus ; pour jouir des privilèges universitaires, ils présenteront des lettres testimoniales de leur présence aux leçons : ils devront les entendre n'ayant pas d'autre siège que la terre '.

Mais il n'a jamais sufii de dénoncer avec véhémence les abus. La réforme ne doit pas changer du jour au lendemain les habitudes des écoliers, ni abaisser l'orgueil des maîtres ; elle ne peut pas modifier les sentiments de haine que les bourgeois de Paris portent à ces fauteurs de troubles que sont les étudiants. C'est ce que nous montre la grave affaire de 1453, qui eut pour origine un épisode burlesque formant le sujet du premier poème de Villon, que nous ne possédons plus.

I. Du Boulay, V, p. 572; Denifle et Châtelain, Chart. Univ. Paris., IV, p. 713-734 ; G. de la Morandière, Histoire de la maison cCEstotiteville, p. 394 et 500.

Parmi les curiosités de Paris que l'on signalait à l'attention des étrangers, il y avait « devant l'ostel de l'amiral, lez Saint Jehan [en Grève]... une diverse grosse pierre de merveilleuse façon que l'on nomm[ait] le Pet au Deable » '.

C'était quelque pierre levée dont on avait perdu la tradition, peut-être seulement une ancienne borne; sans doute aussi elle avait la forme d'une vessie ou d'un sac. Car il semble bien qu'elle tînt ce nom du Pet-au-Diable d'un vieux et sale fabliau, bien connu à Paris, puisque Rutebeuf l'a conté ".

Mais, ce qui est certain, c'est que cette pierre avait donné son nom à un grand hôtel situé rue du Martroi ou du Martelet- Saint-Jean ', appartenant à une vieille et religieuse dame, Mademoiselle de Bruyères, dont nous aurons à reparler ; que cette pierre était de la part des écoliers l'objet de toutes sortes de facéties. Ainsi Rabelais nous montrera quelques années plus tard les écoliers de Poitiers montant sur la pierre levée pour y « banqueter à force de flaccons, jambon et pastez, et escrire leur nom dessus avecques un cousteau... » ^.

Or il arriva qu'en 145 1 les écoliers de Paris enlevèrent la pierre du Pet-au-Diable de devant l'hôtel de Mademoiselle de Bruyères, qu'ils la portèrent sur la montagne Sainte-Geneviève, dans la rue du Mont-Saint-Hilaire, au cœur du quartier des collèges. Le 15 novembre, le Parlement commettait M'^ Jean Bezon, lieutenant criminel du Châtelet, pour faire une information sur le transport de cette pierre, qui fut apportée dans la cour du Palais comme pièce à conviction ; M^ Jean Bezon devait de plus faire prendre les coupables au corps, ou les ajourner à comparaître en personne '.

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