‹ François VillonChapitre 40 sur 262 · Aujourd'hui à l'Ecole des Beaux-Arts · texte numérisé non relu

Aujourd'hui à l'Ecole des Beaux-Arts

3. Denifle, Auduariiim Chartiilarii Universitatis, IV, p. 646-50.

jugés par le recteur, conformément au privilège des écoliers ; quant au roi, il avait fait renvoyer le procès et les prisonniers devant le Parlement. Le recteur réclama les écoliers et protesta qu'en cas de refus l'Université cesserait ses leçons et ses prédications. Cette fois, c'en était trop. Charles VII ordonnait au Parlement d'instruire le procès des prisonniers et de connaître désormais de tous les différends de l'Université, d'informer contre les instigateurs de la cessation des leçons et des cours, d'en faire une punition exemplaire (Ordonnance du 26 mars 1446) '.

Le roi, qui était patient, avait sans doute à cœur de venger la vieille injure faite par les Universitaires au parti armagnac : il ne devait pas s'en tenir là ; bientôt il demandait au cardinal Guillaume d'Estouteville de travailler à la réforme de l'Université de Paris.

Nul doute sur le sens et l'opportunité de cette réforme, malgré la perfide douceur de la phraséologie latine dont les parlementaires et les hommes d'église useront envers « la mère et nourrice de toutes bonnes sciences, lettres et arts ». Au surplus un projet de réforme, trouvé dans les papiers du collège de Navarre, nous montre que la vieille maison lettrée, que l'Université a abandonnée au pillage des Bourguignons en 1418, sait aujourd'hui se venger. Elle dénonce, entre autres, l'indécente tenue des écoliers portant des habits courts, des ceintures, des capuchons à gros bourrelets, des bagues aux doigts, des souliers à la poulaine ou découvrant le talon, si bien qu'on ne distinguait plus les clercs des gens de cour \

Car c'est à la discipline, beaucoup plus qu'à la doctrine, que travailla le cardinal réformateur, aidé par les parlementaires, entre autres par Guillaume Cotin, président de la Chambre des Enquêtes ^ l'une des victimes de Villon.

Etrange document que cette réforme de 1452, la plus solen-

1. Ordonnances, XIII, p. 458 ; Denifle et Châtelain, Chart. Univ. Paris., IV, p. 669.

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