Bibl. Nat., Dupuy
8. Ibid. L'Université déclare les lettres du roi subreptices « ne en langaige selon les anciens roys de France ». 23 janvier 1454.
9. Bibl. Nat., Dupuy 250, 21 juin 1454. Cf. Arch. Nat , X" 26, fol. 307 vo.
6o FRANÇOIS VILLON, SA VIE ET SON TEMPS
d'avoir à reprendre les cours suspendus depuis plus d'un an ' !
Telle fut la période de troubles pendant laquelle Villon étudia en l'Université de Paris, et où l'on peut bien croire qu'il eut une part active.
Il reste à se demander ce qu'était le poème qu'il a pu consacrer au récit de quelques incidents burlesques qui marquèrent les préliminaires de la sanglante échauffourée.
Nous ne le connaissons plus que par un legs, bien irrévérencieusement adressé au sage Guillaume de Villon, qui l'introduisit aux lettres, et ne devait guère se réjouir de la conduite de son enfant adoptif "^ :
Je luy donne ma librairie.
Et le Rommaiii du Pet an Deable, Lequel maistre Guy Tabarie Grossa, qui est homs véritable ; Par cayers est soubz une table.
Combien qu'il soit rudement fait, La matière est si très notable Qu'elle amende tout le mesfait.
C'était donc un Roman, c'est-à-dire un poème conçu à la manière antique, archaïsante, où Villon pouvait dire l'origine probable du nom de la borne placée devant la maison de Mademoiselle deBruyères, et ravie, comme une nouvelle Hélène, par les écoliers changés en guerriers ; les hommages qu'on lui rendit sur le Mont-Saint-Hilaire ; sa reprise par les sergents du guet et son transport dans la cour du Palais où des écoliers venaient l'enlever à leur tour. Grandes et grotesques luttes illustrant cette « matière notable » ! Le Rommant du Pet au Deable pouvait aussi contenir quelques bonnes ballades, peut-être celle des Dames de Paris qui ont le bec si affilé, que Villon légua par la suite à Mademoiselle de Bruyères, cette riche et pieuse personne qui tenait tant à ses bornes et avait une tour féodale dans son hôtel.
1. Le 13 septembre la cour doit déclarer que son exploit n'est pas préjudiciable à l'Université (Bibl. Nat., Dupuy 250).