‹ François VillonChapitre 97 sur 262 · Bibl. Nat., fr. 2836, fol. 48 \o · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fr. 2836, fol. 48 \o

par lettres du 27 septembre, ce même office de chevalier du guet était rendu à Philippe de la Tour.

Un long procès' s'ensuivit entre les deux titulaires de l'office de chevalier du guet, que Jean de Harlay continua cependant d'exercer, car le prévôt de Paris le protégeait. Or Philippe de la Tour, écuyer, se tenait pour chevalier, sans doute parce qu'il avait suivi les guerres ; et il faisait dire par son avocat que Harlay ne devait pas être tenu comme tel. A quoi Popaincourt, l'avocat de Harlay, répliquait que l'office de chevalier du guet avait été occupé tantôt par un écuyer, tantôt par un chevalier, car il avait consulté les registres de la garde du guet : il ajoutait : « N'a pas longtemps que le mistère de chevalerie a esté mis sus ; et antiquitus ceux qui aloient aux batailles vocahuntiir milites ». Ainsi on en disputa sans fin jusqu'au 14 janvier 1468 (n. st.) où le Parlement donna gain de cause à Philippe de la Tour ^ La Cour estima que Jean de Harlay n'était pas chevalier et n'avait pas pris de dispense ; au contraire, Philippe de la Tour l'avait obtenue dans ses lettres de don qui remontaient à 1455!

Mais en fait, chevalier ou non, c'est Jean de Harlay qui exercera l'office de chevalier du guet durant une partie des règnes de Charles VII et de Louis XI ' : il est porté régulièrement sur les comptes royaux pour 200 1. t. de gages '^, et, quand il se maria, en 1457, avec Louise, la fille de Jean Luillier, clerc et receveur de la ville, les prévôt et échevins lui présentèrent une aiguière, trois salières d'argent verre de cinq marcs 200 onces d'argenté

François Villon n'attendit pas la fin de cette longue controverse. D'un trait de sa verve moqueuse, en lui léguant le heaume, le poète fit Jean de Harlay chevalier.

I. Arch. Nat., X'» 4805, fol. 147 v°. — 2. Bibl. Nat., Dupuy, 662, fol. 294.

3. Le 16 août 1485, « Sire Jehan de Harlay, chevalier du guet de nuyt en ceste ville de Paris, est élu échevin » (Arch. Nat., KK. 1009, fol. 8 v").

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