WOLFE VICTORIOUS
Il fit aussi placer dans l'église des Ursulines une plaque de marbre avec cette autre inscription :
CXCVÎ FRANÇOTS-XAVÏER GARNÈAtf,
J'ai signalé plus haut le moment précis où notre auteur entrait dans ce qui était pour lui l'histoire contemporaine; à mesure que l'on s'avance à travers les événements jugés autrefois par lui au jour le jour et d'un œil moins impartial, on a la conscience d'un certain embarras qu'il éprouve et qu'il nous fait partager.
Il est bien évident, aujourd'hui par exemple, que lord Gosford avait les meilleures intentions; il est même très possible qu'il eût pu parvenir à faire modifier les instructions données à la commission. Elles ne lui laissaient pas assez de latitude, et, sur les points les plus importants, heurtaient de front les prétentions auxquelles la chambre tenait le plus. Dès que ces instructions furent connues, on trouva, entre la conduite de lord Gosford et les vues du gouvernement anglais, une contradiction qui pouvait faire croire à un double jeu, voire à une grande duplicité.
M. Garneau, qui ne peut s'empêcher de regretter l'insuccès des tentatives de lord Gosford et ne saurait blâmer en principe ceux qui étaient disposés à s'entendre avec lui, s'en prend cependant aux auteurs du second schisme, à ceux à qui l'on donna le nom de petite famille. Selon lui, l'esprit de coterie et le peu de désintéressement qu'ils montrèrent, en leur ôtant tout prestige, empêchèrent leurs idées de triompher. A ce point de vue, l'acceptation d'une charge de juge par M. Bedard, lui paraît surtout regrettable. *
Dès son arrivée, lord Gosford, homme charmant et plein de bonhomie, qui, dans toute sa tenue, rappelait plutôt,