ACTE II 5 SCENE II
SORDEL , à part.
Elle est rêveuse. (Haut.)
Une simple ballade?
Elle ra'allristerait... Non ! je me sens malade.
SORDEL
Un lai qu'improvisa Bernard de Ventadour, Mon rival , mon ami ?
Messire troubadour, Pardonnez-moi...
SORDEL , à part.
Son trouble est d'un heureux augure.
(Haut.) Combien cette pâleur sied à voire ligure ! Réunir tant de grâce à tant de majesté!... En quels termes jamais peindre votre beauté ?
FRANÇOISE , ai'ec un sourire mélancolique. Vrais discours de poète.
SORDEL
Excusez-les , madame ; J'ai beaucoup voyagé , mais jamais , sur mon ame , Dans les brillans châteaux où Ton dit mes tensons , Où l'éloge et le rire accueillent mes chansons, Femme de châtelain , baronne, ou damoiselle, A mes yeux éblouis n'apparut aussi belle.
Messire... c'est assez.
SORDEL
Quels chants désirez-vous ?
Lai, ballade, ou sonnet, vous les refusez tous.
Venez demain.
SORDEL
Quoi! rien n'obtient votre suffrage !
Damoiselles, sortez, laissez là voire ouvrage.
[A part.^ {Moui>ement de joie de Sordel.)
Tout me lasse.' ali! mon Dieu !
LA DAMOISELLE, à part.
Comment î II reste ici?
(Elles sortent.) SORDEL , à part.
Osons...
FRANÇOISE, se retournant.
Pardon 5 messire , éloignez-vous aussi.
[Il sort lentement.)