ACTE II, SCENE III
Balilde, revêtant la robe virginale, Dans le cloître élevée , ignorant les mortels , Ta jeunesse s'écoule à l'ombre des autels j Des mystères divins la pompe accoutumée , Le saint jour de Noël et sa nuit enflammée Enchantent seuls ton cœur simple et religieux, Qui ne rêve ici-bas que le bonheur des cieux. Peut -il des passions comprendre les orages?
BATILDE.
Madame, attachez-vous aux célestes rivages^ Oubliez votre ennui.
L'oublier, c'est mourir.
BATILDE.
Ce monde est un passage où nous devons souffrir j
* Vous qui, de vos sujets visitant les misères,
* Fuyez dans nos couvens vos grandeurs passagères,
* Au pied de l'humble croix, symbole des douleurs,
* Pour un bonheur sans fin échangeant nos malheurs 5 Yous , noble dame , vous , dont la voix adorée Nous explique de Dieu la parole sacrée ,
Vous cédez , sans combattre ! A quel vœu recourir? Mais quel est donc ce mal qui vous fait tant souffrir?
Retourne à la chapelle , et là , devant Marie , Jeune fille , pour moi, courbe le front et prie.
(Elle détache son collier.) Puisse cet ornement près d'elle suspendu Me rendre mon repos depuis long-temps perdu î