SCÈNE VIII
Les Mêmes, LE PRINCE DE SCALA, SORDEL , Guelfes, Gibelins, Dames. FRANÇOISE a^a les recet^oir.
BERTOLD.
Messires chevaliers , qui vous montrez ensemble Terribles au combat et brillans à la cour , Ayez part au bonheur que m'apporte ce jour, Voici mon frère j il vient visiter sa patrie , Des coeurs tels que le sien si tendrement chérie.
PAOLO, saluant.
Florello, Colonna, SordeJ... Prince... Alberti, Dont le courage un jour ne s'est pas démenti, Que j'aime à vous revoir après ma longue absence î
BERTOLD.
Messires , à l'instant célébrons sa présence : Au sein de mes jardins, fermés de toutes paris, Des dames , en joutant, méritons les regards. On prépare un tournoi , la carrière est ouverte , Au meilleur combattant une écharpe est offerte. Que tout preux chevalier, soutenu par l'honneur, Lutte avec Paolo d'adresse et de vij^ueur j Que le fer émoussé triomphe sans blessures.
FRANÇOISE, à part. Ah ! que je souffre !
LE PRINCE
Allons revêtir nos armures.
PAOLO
Vous 5 prince de Scaîa î
LE PRINCE, gaîment,
Pardieu ! je suis jaloux De briser ce matin une lance avec vous. Je viens à Rimini pour me former aux armes ( Montrant Berfold. ) Sous un Malatesta, fameux dans nos alarmes j El jouter contre vous, rival à redouter, Est une occasion dont je veux proiiter. Je vous soutiens ici que ma dame est plus belle. . . . PAOLO, mettant la main à son épée.
{Se remettant.) Ahî !... Moi... je n'en ai plus.
(Le Dante parait.) LE PRINCE.
Encore une infidèle.