ACTE II, SCENE VII
PAOLO
Dites : je vous pardonne , et demain. . .
FRANÇOISE , sans le regarder.
Fujez-nous , [)u je m'arracherai des bras de mon époux ,
PAOLO
abandonner Bertold! qu'il souffrirait, madame! [1 doit vous être doux de partager sa flamme ! (Juand vous le chérissez , pouvez-vous rae haïr ? Si le sort des combats , trop prompt à m'obéir , Sur les tours de Ravenne a porté ma bannière , Pensez-y , de quels soins j'entourais votre mère ! Mes respects...
BERTOLD , à part.
Quels accens!
FRANÇOISE 5 sans le regarder.
Sortez , ou je vous fuis.- GUIDO 5 à Paolo.
Messire, un tel discours irrite s^s ennuis. Sa mère est dans la tombe.
Ah ! j'aurais dû la suivre.
BERTOLD.
Comment?
GUIDO 5 regardant Paolo d'un air menaçant. Il partira.
PAOLO
Qui ! vous , vous , ne plus vivre , , Quand tout vous rend ici doux hommage d'amour!... Hélas! j'aimais aussi... je la perds sans retour... Le ciel rae l'enleva. . . mon ame désolée La retrouvait partout , même dans la mêlée : Lorsqu'un terrible assaut nous livrait des cités ,
Retenant mes soldats au carnage emportés , J'arrachais de leurs mains ou du milieu des flammes, Les timides vieillards, les enfans et les femmes • Un souvenir ejisemble et douloureux et doux Enflammait mon courage , ou suspendait mes coups 5 Je m'écriais souvent : « 0 dames d'Italie , « Si vous pensez à moi , ma gloire est ennoblie î »
BERTOLD , à part.
Quoi ! l'Italie !
^ Oli! non, je u'oublirai jamais
Que vous avez soumis des remparts où j'aimais... Je vous dus , j'en conviens , le salut de ma mère 5 Mais quelques jours plus tard... Quel spectacle! ô mon Il est mort — laissez-moi. [frère!
(Silence. Paolo, prêt à sortir, s* incline det^ant Françoise et ne peut retenir ses larmes.)
Qui pleure à mes côtés ?
PAOLO
FRANÇOISE, détournant la tête.
Hé bien !
(Elle le regarde auec attendrissement.)
C'est vous!... ah! je vous hais... sortez.
BERTOLD , l'Ctenant Françoise.
Calme-toi... Des seigneurs l'élite se rassemble.