ACTE lï, SCENE IX
GUIDO
Vos vers charment les cours Où vous apparaissez. . .
LE DANTE 5 souriant avec amertume.
D'où parfois on m'exile , Où je n'obtiens jamais qu'une pitié stérile. Il est cruel parfois d'en monter les degrés !
GUIDO
Si par les Gihelins vos talens égarés....
LE DANTE
Prince
GUIDO
Venez chez moi.
LE DANTE
Chez vous !
(// tourne les yeux ^ers Françoise , la contemple , et pleure. )
Vous pleurez , Dante ?
LE DANTE
En admirant madame et sa grâce touchante ,
Je songe à Béatrix, objet de purs amours ,
Montée aux cieux bien jeune , et que j'aime toujours.
7. ( Ai^ec extase . ) Oh ! quand notre beau ciel , la nuit , brille sans voiles , Je crois la voir passer le corps semé d'étoiles.
PAOLO
Pauvre ami!
Jd vous plains.
LE DANTE
Elle a beaucoup souffert.
Hélas!
LE DANTE
A tant d'amour son coeur était ouvert!
Vivez plus qu'elle !
BERTOLD, brusquement.
Allons, faites trêve à rosiannc-.s.
{Au Dante.) Et vous, pourquoi vous plaire à nourrir ses alarmes ? LE DANTE , étonné.
Moi!
BERTOLD.
Calmez-la plutôt, et lisez-nous des vers.
Faites-nous cet honneur.
{Le Dante fait un signe nffirmatif; on s'assied.) LE DANTE , à part»
Changeons ces cœurs pervnrs.
Réveillons Paolo. {Il onure un manuscrit et lit.)
« Canzone. L'Italie.
« "Navire sans pilote et qui sous les vents plie , « Italie, où le crime insulte à mes douleurs^ « Italie, oii le pape à son gré m'humilie, « Où mon ame grandit forte de ses malheurs, « De tant d'ambition vieille et sanglante arène , « Pleure, des nations, non , tu n'es plus la reine, « Mais la prostituée !.. . A-t-elle encor des pleurs?
{Murmures d'improbaiion.) a Qu^as-tu fait de ta gloire? Oii trouver ta puissance? « Tes grands , flatteurs du peuple, à genoux devant lui , « Loin de la proléger, oppriment l'innocence j « De tout poignard vénal ils achètent l'appui j u Dés qu'un meurtre leur plaît , le meurtre est légitime,
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