ACTE II, SCENE IX
« Et les juges après flérrissent la viotime. « De ce pajs de sang le soleil n'a pas fui !
(Murmures d'improbat ion.) « Supplices àas damnés, vous êtes sur la terre! •c Dès le berceau tout homme aux vices est enclin. « Mais voici Tempereur avec son cri de guerre : « Guelfes , craignez César, ami de l'orphelin... »
{Murmures .) BERTOLD, l'interrompant.
J'aime en vous le poète, et non le Gibelin.
Mon frère !
LE DANTE
Écoutez -moi.
BERTOLD.
Quelle est votre pensée ?
LE DANTE , auec exaltation.
Il en est une au fond de cette ame froissée. Oui , je viens à vos cœurs porter le repentir, Au parti gibelin je viens vous convertir.
BERTOLD.
Nous?
, GUIDO
Vous écouter!...
BERTOLD.
Vous !
LE DANTE
ri 1 r 1 ,, ^^sï^oi) mais la patrie.
On la frappe, on la tue, elle tombe et vous crie • « A moi ! je perds mon sang ! » Aux armes , jeunes -ens^ Vous dormez avant l'heure , ouvriers négligens "" Vous laissez aux fourreaux se rouiller vos épées.
t/N CHEVALIER , à pari.
Ciel!
LE PRINCE DE SCALA , à part .
Qu'entends-je?
LE DANTE
A punir qu'elles soient occupées.
GUIDO , att.v chevaliers qui V entourent. Oh î c'en est trop !
LE DANTE
Cl Amis! cent tyrans absolus...
{JL^.s Guelfes tirent leurs épèes et se lèvent.) TRANCOISE.
Ahî...
BERTOLD , le menaçant.
Poète , prends garde ! Et pas un mol de plus ! PAOLO, s'èlancant vers les Guelfes.
Malheur à qui le touche !
LE DANTE, observant Paolo.
11 s'enflamme , il s'indigne.
{Haut.) A lire d'autres vers, eh bien ! je me résigne ;
{On s'assied.) J'j parle d'un amour criminel, mais touchant.
FRANÇOISE , à part.
Je crois qu'il me regarde.
LE DANTE , lisant.
«Enfer, cinquième chant. cv Déjà îious parvenons à la seconde enceinte : tt Un bruit confus s'y traîne en lamentable plainte j « Un terrible ouragan y roule avec courroux « Des ombres qui toujours s'écoulent devant nous, « El pendent sur les bords d'un abîme de flammes. « ()mq vois-je? m*é(!rié-je. Hélas ! ce sont des âmes « Que perdit sur la terre un criminel amour... »