ACTE II, SCENE XII
LE DANTE
Eh bien !
PAOLO
Mon frère est son époux.
LE DANTE
Françoise!... Misérable!... Et tu Taimes encore!
PAOLO
Danle, plus que jamais je sens que je l'adore.
LE DANTE
Et tu ne la fuis pas! 0 ciel ! ces murs crouîans Wont pas déjà roulé sur tes membres sanglans! Tu restes , et la terre , à tes pieds ébranlée , Ne t'ouvre pas encor la terrible vallée, Séjour confus de pleurs, où les sombres damnés Se heurtent dans la nuit par les Ycnts entraînés, Et, ploiii^és en des feux, avec d'affreux blasphèmes, L'un sur l'autre acharnés se dévorent eux-mêmes! Quoi î tu restes !
PAOLO
Du ciel interprète sacré, Oh! suspends ton courroux, parle, j'obéirai.
LE DANTE, //// prenant la main.
Va , je t adresserai des mois sortis de Tame , Car j'ai souffert aussi, j'ai vu mourir ma dame, Ange , ornemeiil du ciel , doux trésor de vertu. Toi que je vois déjà le front pale, abattu, Aux lois des chevaliers tu te rendrais parjure!
PAOLO
Plutôt que de flétrir une vertu si pure , A fuir dans les combats que je sois condamné, Que je sois comme un lâche en spectacle donné, Et, proclamé félon, en horreur à moi-même, Que je meure accablé du poids de l'anathême.