‹ Françoise de Rimini, drame en cinq actes et en versChapitre 36 sur 76 · LE DAIS'TE · texte numérisé non relu

LE DAIS'TE

Juste ciel! que ta main te frappe et s'avilisse !. .. Ne penses-tu jamais à Téterncl sup])lice? Ton sang n'est pas à toi! Tu parles de mourir? Sans te plaindre du sort , homme , apprends à souffrir. Dans l'exil, Paolo, la splendeur t'environne j Moi, pour me consoler, je n'ai trouvé personne : Banni, pauvre, je vois mes rivaux triomphans : Je ne puis, sans frémir, penser à mes en fans. J'erre à pied , sans abri * mon abord est funeste ; Faible appui de mes pas , un bâton seul me reste. Les plus vils animaux assouvissent leur faim : Du pain me suffirait, et je n'ai pas de pain : Il m'en faut mendier, et supporter la joie Du riche protecteur que le hasard m'envoie. Il demande des vers , des chants d'ivresse ! à moi î Non , les chants que mon ame a crées pour la foi, Sur les coussins soyeux, font pâlir la licence. Mon génie est le deuil, mon repos la vengeance! Entouré des débris de, mon parti vaincu, Ai-je cherché la mort? J'ai plus fait : j'ai vécu 5 Je vis pour me venger, et pour apprendre au monde En quels noirs attentats l'anarchie est féconde.

AÎpcMvôs de ta \/î!!e de Bruxeltes' Archief van da Stad Briissel

Page 1