ACTE II, SCENE XII
Guelfe, je briserai ton joug avilissant . Que d'illustres martyrs ont couvert de leur sang : Tu peux faire, indigné de tes arrêts qu'il brave. De Dante un exQé . mais jamais uu esclave.
PAOLO
A vos ressentimens je brûle de m'unir : Nommez les ennemis qu'il faut vaincre et pnnir.
LE DA5TE
Les Guelfes ! Prends pitié du sort de l'Italie j Sans lois , sous des tyrans , elle meurt avilie : Sauve-la , sauve-nous. Mon fils , écoute-moi : Le parti {gibelin , sorti d'un long effroi , Pour se nommer un chef s'assemblait dans Vérone , Quand un de nos proscriis , que la foule environne , Comme loi vers ces bords ramené par l'amour, Arrive et nous instruit de ton prochain retour. Paolo! tous nos grands, qu'un noble zélé anime. Honorent Paoîo de leur choix unanime.
Mais qui se chargera du périlleux devoir De lui porter l'écrit, garant de son pouvoir? Moi, moi seul, ai-je dit! J'ai hasardé ma tète : Cet écrit, le voici.
PAOLO
Donne.
LE DAÎfTE.
Eh bien ! qui t'arrête ?
Dix mille citoyens , bannis de leurs foyers , Aigris par la vengeance . achètent des guerriers. Viens, viens 5 l'épée en main, paraissons dans Florence': Qu'elle pleure à son tour. Pize, Arezzo . Plaisance Attaquent les Etats du prince des Romains*, Henri de Luxembourg rassemble les Germains. Subjugue un fol amour, commande notre armée :
52 FBANÇOISE DE BIMINI
Des antiques Césars alleins la renommée, l.e?ue aux siècles futurs des exploits éclatans • l'hantes par moi, peut-être ils braveronlle temp,
Ali r • PAOLO.
■Allons! ,e te devrai ma plus belle victoire • Je vanicrai mon amour, je vivrai A.us Tw'stoire • Je SUIS maure delà ,1e cet amour fa.al Cen est fait... (On cm.nd le son du cor.)
M». = I , P" '"""'"' '''^*' '«^ •"■'"»"' signal. Me armes! {Ses écujers lui présentent sol bouclU et sa lance.)
LE DANTE
Paolo, ton regard étincelle...!
-. . PAOLO
Qui peut me résister? je combats devant elle •
ijl sort Virement, le Dante U suit d'un air consterné.]