ACTE m, SCENE V
j^ BERTOLD.
Demeure , je Je veux.
Qui, loin de Rimini, pourra charmer tes vœux? Le bonheur, Paolo, dans ton cœur doit renaître j S'il n'est en ce palais, où pour loi peut-il être?
PAOLO
Près d'un frère...
BERTOLD 5 ci^ec un sentiment pénible et lui serrant la main.
Qui t'aime... et qui plaint ton malheur... Qui pourrait mieux que moi comprendre ta douleur? Je sais qu'il est affreux d'inspirer de la haine j
[^i>ec un rire terrible.) Je sais. . . vers quels malheurs un noir démon nous traine î
GUIDO
Ma fille, par les soins de sa tendre amitié....
BERTOLD.
Je préfère, Guido , sa haine à sa pitié. Un désespoir mortel consumera ma vie.
(A Paolo.) Elle te hait , mon frère , et... je te porte envie.
LE DAKTE.
Écoutez, messpio^neurs ! avec tranquillité Aux grands dans leurs châieaux je dis la vérité. Paolo, conduisant vos phalan^'ps f^uerricres , INaguère de sa gloire entoura leurs bannières : Rome de ses exploits garde le souvenir : Au milieu des dangers pourquoi le retenir? Loin, loin ce voile noir qui plane sur sa tête! Sans doute à l'arrêter le tribunal s'apprête. Je crains tout de ses lois; elles pèsent sur vous : Par son départ secret prévenez leur courroux. Laissez à Paolo ses hautes destinées ,
Ses armes contre vous ne seront point tournées 5 Marchez dans vos devoirs saintement raffermis , Soyez rivaux de gloire , et non pas ennemis.
GUIDO
J'approuve ce conseil dicté par la sagesse 5 Que Paolo retourne aux rives de la Grèce 5 De ma maison , Bertold , il frappa le soutien j Le repos de ma fille et peut-être le mien Exigent ce départ
LE DANTE
Cédez, le danger presse 5 Craignez du tribunal la fureur vengeresse. S'il meurt , à votre couche attachant le remord , Son ombre vous dira : « Tu m'as donné la mort ! m Le jour, quand du festin les tables seront prêtes, Un fantôme voilé prendra place à vos fêtes 5 Et ces riches habits , signes d'un noble rang , Soudain , Malatesta , dégoutteront de sang.
BERTOLD.
Poète, taisez-vous... Tout me fuit , ou m'abhorre , Mon frère , mon épouse.... Et je respire encore î
GUIDO
Ma fille fut toujours fidèle à son devoir, Tu n'as point de soupçons.. .
BERTOLD.
Je tremble d'en avoir!
LE DANTE
Permettez son départ.
BERTOLD , à part.
Permettre!... Il est mon frère :
Son départ à mes coups pourra seul le soustraire. PAOLO , à part.
De quels regrets amers je me sens poursuivi !