ACTE I, SCENE IV
BERTOLD.
Guido , bientôt après , en me rlonnaiU sa fille , Éteignit à jamais nos haines de famille j Et. Paolo, pour moi depuis trois ans perdu. Retournant de Fexil , à mes vœux est rendu
LE DANTE
Je le sais : mais son front, flérri par Fanalhème, A vainement reçu Teau sainte du baptême. Il règne en vos Etats ce tribunal sacré, D'autant plus dangereux qu'il est plus révéré , Et qui, prêt à punir quand il parle d'absoudre. Aux célestes clartés pense allumer sa foudre.
* * Pardonna-t-il jamais au génie , aux exploits?
* A sa prompte vengeance il façonne ses lois ,
* Et sait, ingénieux à trouver des victimes ,
* Des vertus du matin le soir faire des crimes. Il craignait Paolo : le voilà criminel • L'anathème le voue au supplice éternel ,
Et , s'il louche demain les bords qui l'ont vu naître , Que trouve- t-il ? des fers , le supplice peut-être !
BERTOLD.
Moi, souffrir que d'un frère il ordonne la mort!
LE DAÏÏTE. a)Wement, Ah! soyez Gibelin —
BERTOLD, auec fierté.
Je blâme ce transport î
LE DANTE
Nous fûmes élevés dans les mêmes écoles • Vous aimiez quelquefois à croire en mes paroles j Vous, votre frère et moi, nous vivions en amis.
' Les vers marqués d'un astérisque se retranchent à la représentation.
10 FRAISÇOISE DE lUMINI,
BERTOLD.
Vous parlez libremenl, tout vous semble perniir. Mais quels droits si puissans dont la force nous lie L'empereur d^Allemaji^ne a-t-il sur l'Italie? 'Ne pouvons-Dous reprendre avec la liberté Le pouvoir incertain que lui-même a quitté?
LE DAKTE.
INommez-vous liberté le pouvoir de se nuire , D'immoler ses rivaux , de piller, de détruire? Qu'importent les décrets du pontife romain , S'il faut marcher toujours les armes à la main î C'est pour les crimes seuls que le sermeiît nous lie. Est-il quelque lieu sûr en toute l'Italie, Où l'on puisse dormir à l'abri des poignards ? De vils Cowdottieri lèvent des étendards , Et leurs chefs, gorgés d'or, dont nos lois sont complices , Dressent en priant Dieu la liste des supplices. La terre est sans moissons , les hameaux dévastés N'offrent plus d'alimens aux sanglantes cités • Aux festins des amis les coupes sont perfides , Quand les temples souillés sauvent les homicides. Pour mettre à ces horreurs un légitime frein , Monseigneur, que faut-il? Des lois, un souverain ! Je hais ces tribunaux où la fureur dénonce , Où l'ennemi s'assied, interroge et prononce. On frappe dans la nuit , le poignard est discret , Et les flots en silence exécutent l'arrêt.
BERTOLD.
Des châléiains félons , souillant leurs armoiries , S'entourent , il est vrai , de hordes aguerries j Mais moi... Voici Guido.
LE DANTE j apec ironie, A«^aU;..^^ ^ • • *..'. Faut-il nous séparer?
Archjves de la Ville de Bruxelleâi
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