SE&TOLD
Pepuis un mois.
GUIDO
Comment?
IEETOLD.
Voici la vérité.
Mon frère Paolo revient sor ce rivage, Un Hébreu de sa part m'a transmis ce message.
( II lit une lettre. ) <« Je suis las de l'exil; les bords où Constantin » Sur l'Hellespcmt de Rocue a fondé U rivale , » Cher Bertald, ont trois ans accueilli mon destin.. » Là, malgré la splendeur que lia nature étale, » Le bottheur en mon $ein n'a jamais pénétré j » Là, rien ne m'informait de toi, de l'Italie,
i* FRANÇOISE DE RIMINI.
i » Qui sous un joug sacré languissait avilie ,
» Quand j'y reçus l'écharpe et l'éperon doré. » Ami, bravant le Guelfe et l'injuste anathême^ » Je viens revoir ce ciel qui respire l'amour, » Et in enivrant encor des souvenirs que j'aime % » Mourir aux mêmes lieux où je reçus le jour. »
GUIDO
Il revient!
BERTOLD.
Mon épouse en apprit la nouvelle :
« L'assassin de mon frère! Ah! je le hais, » dit-elle. A ces mots, que suivit un long gémissement, Mon père, elle tomba sans voix, sans mouvement;. De ses jours presqu éteints je ranimai la flamme > Sur sa bouche glacée erra long-temps son âme; Je la sentais mourir, jç crus que la douleur Allait à son printemps moissonner cette fleur. Je jurais malgré moi d'en obtenir vengeance.
GUIDO
De qui ?
BERTOLD.
De Paolo !
GUIDO
Toi!
BERTOLD.
D'un œil d'indulgence Le ciel vit mes tourmens et la rendit au jour. Le soin de la distraire occupa mon amour.»
A nos preux chevaliers j'ouvris une carrière ; Ni ces brillans tournois, ni leur pompe guerrière,