PRÉFACE
Ce n'est plus le temps dès longues préfaces.
Sans doute il était nécessaire de soulever les questions et de déclarer en quel sens on voulait opérer la révolution dramatique; mais à présent, cela est assez clairement établi. « Il faut, a-t-on dit, émouvoir profondément aujourd'hui, et par des moyens autres que ceux qui ont été employés; de là, gloire pour les auteurs, extension pour
VllJ PREFACE.
l'art, recettes pour les théâtres, plaisirs pour les spectateurs. » Fort bien!.... Acteurs, directeurs, spectateurs , tout le monde ne demande pas mieux. A l'œuvre donc, messieurs. A l'œuvre maintenant !
Mais que de difficultés ! le public est devenu exigeant. Et comment inventer de nouvelles émotions? Comment créer de nouveaux sentimens?
Le beau brevet d'invention à donner à l'auteur qui nous trouverait une passion de plus ! Espérer, craindre, aimer, haïr; tout est là! Que faire? On a tout épuisé. L'homme est vieux , les scènes de la vie se succèdent dans une continuelle monotonie ; à tout bien considérer, on ne s'étonne plus de ce sarcasme amer qui animait les lèvres et le* vers de lord Byron ; et pour peu qu'on ait vécu dans le monde, et qu'on porte un cœur de poète, on sent une dérision mêlée de douleur toujours prête à découler de sa plume.
Que faire donc pour renouveler des tableaux si souvent reproduits sur notre scène? Donner de la vie à l'érudition ; animer d'un coloris intime et vigoureux les sujets qui ne nous ont été offert» qu'à l'aide de demi-teintes , pâles et timides; faire palpiter la science historique ; rajeunir toutes ces* vieilles passions en les représentant avec l'énergie ejt la couleur vraie de leur siècle; les jeter, comme eo$tr&ste> au milieu de notre civilisation moderne, ©4 toutes les physionomies s'effacent , où tous le*