‹ Françoise de Rimini: drame en cinq actesChapitre 2 sur 88 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce n'est plus le temps dès longues préfaces.

Sans doute il était nécessaire de soulever les questions et de déclarer en quel sens on voulait opérer la révolution dramatique; mais à présent, cela est assez clairement établi. « Il faut, a-t-on dit, émouvoir profondément aujourd'hui, et par des moyens autres que ceux qui ont été employés; de là, gloire pour les auteurs, extension pour

VllJ PREFACE.

l'art, recettes pour les théâtres, plaisirs pour les spectateurs. » Fort bien!.... Acteurs, directeurs, spectateurs , tout le monde ne demande pas mieux. A l'œuvre donc, messieurs. A l'œuvre maintenant !

Mais que de difficultés ! le public est devenu exigeant. Et comment inventer de nouvelles émotions? Comment créer de nouveaux sentimens?

Le beau brevet d'invention à donner à l'auteur qui nous trouverait une passion de plus ! Espérer, craindre, aimer, haïr; tout est là! Que faire? On a tout épuisé. L'homme est vieux , les scènes de la vie se succèdent dans une continuelle monotonie ; à tout bien considérer, on ne s'étonne plus de ce sarcasme amer qui animait les lèvres et le* vers de lord Byron ; et pour peu qu'on ait vécu dans le monde, et qu'on porte un cœur de poète, on sent une dérision mêlée de douleur toujours prête à découler de sa plume.

Que faire donc pour renouveler des tableaux si souvent reproduits sur notre scène? Donner de la vie à l'érudition ; animer d'un coloris intime et vigoureux les sujets qui ne nous ont été offert» qu'à l'aide de demi-teintes , pâles et timides; faire palpiter la science historique ; rajeunir toutes ces* vieilles passions en les représentant avec l'énergie ejt la couleur vraie de leur siècle; les jeter, comme eo$tr&ste> au milieu de notre civilisation moderne, ©4 toutes les physionomies s'effacent , où tous le*

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