‹ Françoise de Rimini: drame en cinq actesChapitre 51 sur 88 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Bientôt?

LE DANTE

Que dois-je croire?

Pardonnez, si , frappé d'un intérêt puissant, J'interroge ce cœur naïf et gémissant, Qui chérit trop son Dieu pour descendre au mensonge.

{Françoise se. détourne.) En ces troubles soudains quel sentiment vous plonge? Pourquoi rejetez-vous Paolo de ces bords?

Est-ce la haine enfiit qui cause vos transports?

Ne me demandez par si j'ai connu la haine.

Soumise à mes devoirs, résignée à ma peine,

Par d'austères combats j'ai cherché la vertu ,

Et j'ai dit au Seigneur : « Pourquoi me frappe&~tu? »

LE DANTE

Lisez du fils de Diefct la puissante parole.

Il a souffert pour nous; son exemple console.

Persévérez, madame, en vos pieux combats:

On. vous, lient compte au» ciel des peine» d'îcir-baa;

Je ne suis qu'un roseau > uftais< dan* ce court voyage

Appuyez-vous sur moi pendant les jours d'orage.

Daignez de mes avis accepter le secours;

Oui, je vous défendrai, fut-ce au prix de mies jours.

Vos paroles, du sort effaçant les injures,

Comme un baume divin coulent sur mes blessures.

LE DANTE

Françoise , votre front me livre à tous momens Par sa vive rougeur vos secrets sentimens.

Messire!...

LE DANTE

Oubliez-les.... Rassurez-vous, madame.

Et bien! si vous lisez dans le fond de mon âme, Secondez mes efforts, comprenez mon effroi :

Entraînez Paolo, sauvez-le, sauvez-moi.

L'abîme est là, guidez ma force qui succombe, Hélas! A chaque pas il semble que j'y tombe.

Rendez par vos conseils la paix à mon époux, Partez; que Paolo s'illustre près de vous.

Moi.... C'en est fait... Adieu... Mon âme est abattue.;. Je le sens, j'en mourrai, cette lutte me tue; Ce n'est plus ici-bas que j'attends le bonheur. Priez, pressez, fuyez... Il y va de l'honneur, Et si l'on ose un jour attaquer ma mémoire, Divin Dante, chantez, vous sauverez ma gloire.

(Elle s'éloigne, et rencontre au fond Bertold qui la prend par la main et lui dit : )

BERTOLD.

Madame, demeurez. (Au Dante.)

Messire, laissez-nous.

le dante , à part, en sortant.

Que de maux je prévois!

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