ACTE II, SGÈÎSE V
LEONAIID.
C est possible; mais ça manquait de forcela main gauche n'était pas à son affaire.. .je savais que vous étiez dans la salle et j'avais peur... je tremblais...
FBANCESC*.
Pauvre garçon I
LÉOSIKD.
Ça m'arrive souvent ; ça tient aux nerfs et à l'imaginalion... je devrais ne penser qu'à mon violon... eh bien! non.. .je pense à autre chose... il me p.isse devant les yeux des idées de toutes les couleurs... ça me prend là... (mettant la main à son front. ) ça remonte ici... et puis, je ne dors pas., j'ai des cauchemars fantastiques... i|u'est-cc qu'on peut faire à cela?
FBANCESCA.
Je n'en sais rien.
LÉONARD
On me conseille de me marier... et je voulais vous demander votre avis.
FIiA^CESCA.
Ça dépend beaucoup de la prétendue.
LÉONARD
On me propose !a fille du chef d'orchestre du grand théâtre... elle n'a pas de dot, il est vrai.
FRANCESCà.
Pas de dot!... est-elle jolie?
LÉONARD
Je ne l'ai pas encore vue.
FIliSCESCA.
Son caractère?...
LÉOSARD.
On' n'en parle pas.
C'est qu'il n'y a pas de bien à en dire.
LÉOSARD.
Mariage de ronvenanee.
FRASCESCA.
Qui ne te convient nullement... toi , artiste, qui as du talent et de l'avenir, tu irais te clouer pour toujours à un orchestre de province!... tu manquerais a ta destinée... tu peux trouver mieux que ça.
LÉOSARD.
Vous croyez?
J'en suis sure.
FRA^CESC1.
LEONARD
C'est différent... je m'en rapporte à vous... et si vous le voulez , je refuserai.
Refuse , je te le conseille... les partis ne te manr|ueroi)t pas.
LÉONAIID.
Est-ce que par liasard et depuis le temps que je vous aime, vous consentiriez enfin ?
A quoi?
LEONARD
Dam! à la chose de m'épouser.
T'épouser?... ça dépendra.
{ Elle s'assied à une table et écrit. ) LÉONARD.
C'est ce que vous dites toujours; de qui ça peul-i! dépendre? <le vous.
Non... de loi.
LÉONARD
De moi... tout de suite.
Doucement. (Écrivant.) « Je suis à Bordeaux, « hôtel de l'Esplanade; hàte-toi de venir: je « t'attends...
LÉONARD, à part.
Hein !...
FRANCESCA, continuant d'écrire.
I. Tu demanderas l'escalier dérobé qui con- « Juit à mon appartement. » (Elle ferme le bill.t et sonne. )
LÉONARD
Oh !...
FUANCESCA.
Qu'est-ce que tu as donc ? ( Elle remet la letire à une domestique , et lui parle à roreille. ) LÉONARD.
C'est... ce billet que vous envoyez, à ce qu'il parait, à quelqu'un...
Sans doute... que l'importe?
LÉf)NARD.
C'est qu'il me semble un peu... C(|uivoque.
FRANCE.SCA.
Ei|ulvoque ?
LÉONARD
Je veux dire trop clair... car j'ai cru compi endre... ( baissant les yeux quand Francesca le regarde.) OU plutôt non... je n'ai pas compris... Pardon ! je n'ai pas besoin de comprendre...
Mais ça t'inquiète, cependant?
LÉONARD
Un peu.
FRANCE,SCA.
Voilà justement ce qu'il ne faudrait pas; et le jour ou tu auias en moi assez de confiance pour tout voir et tout cniendie sans avoir l'ombre d'un doute ou d'une inquiétude, ce jour là....
LÉONARD
Ce jour-là?...
Nous verrons....
LÉONARD
Est-il possible!
Parceque pour être heureux en ména(;c, il faut que le niaii d'une chanteuse n'ait pas d'yeux.
IG
LEOXAKD.
Je les fermerai.
Que le mari d'une chanteuse n'ait pas d'oreilles... Elle seule doit en avoir pour son état.
LÉOXAHD.
Je n'entendrai rien... que les roulades de ma femme.
FRA^CESC4.
A la bonne heure. Il est possible que bientôt je te mette à l'épreuve, et alors....
^Éo^ARD.
Alors?...
rnAKCESCi.
Alors... nous verrons.
LÉosAnn.
Ah ! je ne me sens pas de joie !
r>E DOMESTIQUE, entrant.
La marchande de modes que madame a fait demander.
FBAKCESCA.
C'est bien, qu'elle entre!
LÉOXARn.
Je vais avec transport décommander mon maria^jc.
(11 sort en courant. Francesca remonte le théâtre et le suit des yeux.i)
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