‹ Françoise et FrancescaChapitre 38 sur 46 · ACTE il, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE il, SCÈNE X

li)

FRA>CESCi , tendant là main sans se lever. Voyons... (Elle ouvre la lettre et regarde la signature.) M Alfred de Luceval. »

LE COMTE, à part, ne pouvant maîtriser un mouvement.

Ab!..

FBANCESCA, à part, l'observant du coin de l'oeil.

I*lii-; de doule... il a tressailli à ce mot-là !.. (Elle lit à voix basse.) " Soyez ;issez bonne poui- " f.iire remettre le cuupoik de la loge <j,ue j*ai " retenue.»

(Elle déchire lii lettre et se lève vivement.)

LÉOSABn.

Et la réilonse?

FBASCESC*.

Il u'y en a pa.-'.

LtO.NAED.

C'est qu'on en attend une.

FKANCKSCV.

Qu*on attemle tant (|n'on voudra.

LÉONABn.

Alors , je vais dire...

FBAXCESCA.

Restez...

( Elle fait rjuclques pas dans b "plus (jranile agitation.)

LE COMTE

Il parait tjue ça va mieux?..

Fnâ^CEsCA.

Oui; ta colère a dissipé mon mal de tête.

LE COMTE

En effet, vous seinblez fort irritée.-.

C'est que je ne puis pas souffrir l'ingratitude et les mauvais proféilés.

LÉnsABn, à part.

A qui en a-t-elle donir?

FRAKCESCA, au comte.

Connaissez-vous M. Alfred?..

LE COMTE

Oui... (A pan.) lîeauc'oup trop!

fhancesca.

Cest contre lui tpieje suis furieuse!., figurezvous qu'il s'est pris pour moi d'une grande passion...

LE COMTE et LÉONABU.

Bah!

FIIAXCESC».

Ce n'est pas là ce qui m'a fjilice... il est jeune, gentil, à la mode... il uie plaisait.

LÉONAnn, à part.

Aïe!

KnA>CK^A.

Je lui ai permis de ni'adorcr... Je lui ai donné la préférence... prnvisoircinent... il fallait voir sa joie, .ses transports!. . j'en étais nioiméme touchée.

LKoXAiii), à pan.

Comme c'est a{;iéal)le à entendre pour un riv.ll!

Lh bien! cet amant si tendre, si passionné, vient de me faire un trait épouvantable!

LE COMTE

r.ut'^. Alfred?..

FBANCESCA.

Lui : de ces traits qu'on ne pardonne pas, parcequ'ils dénotent l'm(;ratilude, l'indifférence!... sacrifiez-vous donc pour les jeunes gens! LÉOKARU, à part.

Ah ! c'est fini... je me trouve mal !

( Il se laisse tomber sur un fauteuil et prend un Hacon de sels qu'il respire. )

FBASCESCA.

Je l'avais prié de me faire raccommoder un bijou auijuel je tiens beaucoup, un gage de notre mutuelle tendresse... un bracelet à brisure, ot'i sont gravés nos deux noms : Alfred et Palmire..,

LÉONARD, se levant vivement.

Mais ce li'est pas...

FBASCESCA , h dcmi-voii.

Tai^-toi !

LE COM'rE, étonne.

Vous vous appelez Palinire?

FBASCESCA.

Oui, pour mes intimes... pour ma famille... Fraûccsea est mon nom de théâtre.

LE COMTE

Et vous avez un bracelet?

Du tout, je ne l'ai plus. Il m'écrit dans cette lettre que je viens de déchirer, qu'il l'a perdu , qu'il l'a laissé tomber fie sa poche, par mégarde, il ne sait où... je vous demande comme c'est vraiseniblable! aussi je n'en crois pas un mot.

LE COMTE

Kli bien ! signora, c'est la vérité.

FRAKCESCA.

Allons donc!

LE COMTE

Voici votre bracelet.

Comment ! se pourrait-il ?...

LE COMTE

Je l'ai trouvé chez moi , derrièic un meuble , après une visiiic d'Alfred.

FRANCI^CA, examinant le bracelet.

En effet, c'est bien lui!... je le reconnais... que je suis contente!... mais ce pauvre Alfred , comme je l'ai traité!., et il était innocent!., que j'étais injuste à «on égard!

LE COMTE

Et moi donc, t|ui avais peiisé i]u'unc autre intrigue... qui ai eu un niomeiil des idées sur ma femme...

FBANCESC.I.

' Ah! monsieur!... soupçonner madame l.i

comtesse... lui supposer des torts... (|uaiid elle

serait en droit de vous adresser des reproclies. . voilà bien les hommes !

LE COMTE, embarrassé.

Signora...

FRA>CESCA.

C'est mrd, c'est très mal... Je vous conseille de faire votre paix avec elle.

LE COUTE

J'essaierai...

FRi^CESCi.

Depéchez-vous... et quand elle vous aura pardonné , à mon tour je vous rendrai quelque chose qui vous appartient... certain billet... (elle le montre, j adressé à une de mes parentes, une jeune marchande de modes... vous savez... LE COMTE , troublé.

Mais, c'est une trahison!

rnA^CESCA.

Faites ce que je vous demande... je pourrais l'exiger... je vous en prie... et alors, je verrai... peut-être me décideiai-je à chanter à votre concert.

LE COMTE, à pan.

Je suis pris... il faut s'exëculer de bonne (',race... (Haut.) Certainement, sijTiiora , vos desirs sont des ordres... sont des lois... et je me ferai un plaisir, un devoir... d'ailleurs, la faveur (|uevous me faites espérer. ..j'ai bien l'boiineur de vous saluer...

(Il sort.)

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