‹ FrançoiseChapitre 110 sur 111 · LA H TONNAI S · texte numérisé non relu

LA H TONNAI S

Non... je ne puis!

LE DOCTEUR

Restez, c'est elle qui vous en prie.

Monsieur (le la Hyonnais, donnez-moi votre main!... elle est glacée!... laissez-la dans les miennes.

LA II Y O N N Ai S.

Françoise!... ah! vous me tuez!... adieu!

Non, ne me retirez pas cette main loyale et pure, qui m’a soutenue dans ma douleur et qui s'est étendue entre moi et le désespoir... Ne rougissez pas de ces larmes qui vous échappent; vous avez vu couler les miennes, et, pour les calmer, vous avez eu l'éloquence du cœur; vous m’avez vue faible, brisée, et vous n’avez maudit ni ma faiblesse ni celle de l'homme que je pleurais! vous l’avez servi, relevé, comblé, lui! Pour cela, je vous bénis, et j’appelle sur vous la bénédiction de mon père !

LA HYONNAIS.

Mon Dieu ! que dites-vous?

HENRI, descendant 1 .

1 I.e docteur, la Hyonnais, Françoise, Henri est reste au fond. * l.e docteur, la Hyonnais, Françoise, Henri.

LE DOCTEUR

Parle, ma fille, dis-leur tout.

Henri ! je t'ai aimé d'une affection maternelle. C'était'une ardeur, une soif de dévouement: tu étais malheureux 1 Le jour où j'ai pu te sauver avec un peu d'argent... ah! c'est bien peu de chose, ce que j'ai fait pour toi ! j’ai racheté bien aisément ton repos... et le mien! Oui, Henri, le jour où j'ai pu me dire: J’ai tout donné pour lui, je n’ai plus rien ! j'ai pu me dire aussi : Je suis calme, je suis guérie! Mon dévouement est assouvi, ma passion est satisfaite; je me sens bien, je me sens vivre, je vais donc respirer enfin et songer à moi-méme.

HENRI

Et, en disant cela, c’est à Jacques...

(l’est à Jacques que je songeais!

La HYONNAIS, tombant «ur un siège, éperdu.

A moi?

HENRI, éperdu.

Françoise!... une femme comme toi ne peut pas se lasser de pardonner !

On se lasse de souffrir sans profit pour personne. De quoi viens-tu te plaindre, Henri, et comment peux-tu encore me parler de toi, à moi qui sais maintenant ce que c'est qu’une passion vraie! Ah! grand merci, mon pauvre aveugle ! j'ai ouvert les yeux à l'éclat du vrai soleil ! Et ce que je sens là dans mon âme, celle admiration, cette flamme sainte, cette foi enthoir

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