‹ FrançoiseChapitre 50 sur 111 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

LE DOCTEUR

Et comment vis-tu maintenant?

HENRI

Je vis comme toujours; j'ai fait comme tous les fils de famille, j'ai hypothéqué ma propriété. J’ai droit à une très-grande fortune dans l’avenir. Je suis fils unique; mes créanciers, me connaissant pour un galant homme, m'ont traité royalement. Capital et intérêts, je rendrai le tout ensemble, et, jusque-là, je vis sans privations ni soucis.

LE DOCTEUR

Voilà le vrai moyen île se ruiner.

HENRI

Non! c'est le seul moyen de vivre quand on a des parents trop rigides. Ils veulent que nous ne connaissions le plaisir qu’à l’âge où le plaisir n’existe plus! Nous rétablissons les choses suivant l’ordre de la nature, nous nous faisons escompter l’avenir.

LE DOCTEUR

C’est-à-dire qu’on s'exerce à frustrer les enfants qu’on aura de l’aisance dont on a été privé soi-même, afin d’être maudit par eux comme on a maudit ses parents; joli système! (Il s'assied à gauche de la laide. 1

Ainsi va e monde, ce n’est pas moi qui l’ai inventé.

LE DOCTEUR

Tu ne l’aurais pas fait meilleur, puisque tu suis le même courant.

HENRI

Mon père me refuse donc les moyens de m’établir? Ce n'est pas possible !

f.E DOCTEUR.

C'est possible,-et cela est.

HENRI

Quoi! rien? absolument rien?

LE DOCTEUR

Rien, et tu connais son caractère obstiné.

Que trop! Alors, après lui...

LF, DOCTEUR, à part.

Ah! voilà l’explication difficile. (Haut.) Après lui... tu ne dois pas te flatter d’un meilleur sort. Lui aussi... il a fait des dettes.

HENRI

Oh! que non ! Qui vous a dit cela?

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