SCÈNE PREMIÈRE
DUBUISSON par In gauche, puis MADAME DUBUISSON par la droite.
DUBUISSON , aux domestiques qui achèvent d'allumer.
Allons! vous avez déjà allumé ici! Ça u'est pas la peine de brûler tant d’huile et de cire une heure d'avance!
MADAME DUBUISSON
Comment, monsieur Dubuisson, tu n'es pas plus habillé que ça?
DUBUISSON
Eh bien, qu’est-ce qui me manque donc?
MADAME DUBUISSON
Tu as gardé ta cravate de couleur! Tu as l'air d’un jardinier ! Ne fais donc pas toujours comme ça le paysan, c'est ridicule!
Dubuisson. '
Ma mie Louison, il n'y a de ridicule que de vouloir faire oublier son origine. Ma fierté, à moi, c’est de rappeler à tous ces beaux messieursque j'ai été berger, maquignon... aubergiste... à l’enseigne du Buisson-Fleuri. (Madame Dubuicson fait un mouvement d’impatience.) Oui, oui. ettout ça sous leur nez!... que j’ai saigné leurs bœufs, troqué leurs chevaux et tondu leurs laines... avec des ciseaux qui coupaient plus ras que les leurs. Ça les fait rire!... ah bien, oui! d'un rire bien jaune, va!... Ils ontplus mangé que semé, les uns comme les autres; et moi, j’ai semé et récolté, ah! oui-da!...
MADAME DUBUISSON
Allons, c’est bon, c'est ton plaisir de les écraser! C’est raison de plus pour marier ta fille au petit comte de Trégenec : tu ne trouveras jamais mieux!
DUBUISSON
Si son père lui donnait quelque chose... mais puisqu’il ne donnera rien !... <n icmonte.)
MADAME DUBUISSON
Eh bien, tant mieux : moins il lui donnera, plus il lui laissera*...
1 Madame Dubuissou, Dubuisson.