ACTE III, SCÈNE I
DUBUISSON
Mais, en attendant, le jeune homme nous fera de la dépense. Il paraît qu’il l’aime bien, la dépense! j’en sais quelque chose.
MADAME DUBUISSON
Toi?
DUBUISSON
La maison Bargat et Pacaud en sait quelque chose aussi...
MADAME DUBUISSON
Comment ra?
Je m’entends! Je te dis seulement qu'il aime la dépense. .
MADAME DUBUISSON
Bah! c’est un goût qui passe avec les années...
DUBUISSON
Ça ne t'a point passé à toi, ma mie Lonison!... U s'assied sm
In divan. t
MADAME DUBUISSON
Je ne fais rien sans ton consentement !
DUBUISSON
Consentement n’est pas toujours contentement...
MADAME DUBUISSON
Plains-toi donc! Nous nous entendons toujours! Toi tu veux la terre de Luzy, c'est ta manomanie! moi je veux un gendre titré, il me le faut, ou j’en ferai une maladie mortelle! Et puis il faut marier Cléonice. D’une part, elle a un petit sentiment
pour son cousin Jules; de l’autre, nous l'avons refusée au duc de Belver, ça nous fera un ennemi dans la haute société.
DUBUISSON
Eh ! je me moque bien du due et du cousin, moi ! j’ai envoyé Jules à Paris.
HAD AN E DUBUISSON
.Mais avant de partir il a fait amitié, je ne sais pas comment, avec le duc : un bavard avec un méchant! Ils ont mis leurs rancunes dans le même sac, et je crains qu’ils ne fassent des propos. Le duc déteste M. Henri!... 11 va justement le voir chez nous!
DUBUISSON
Tu l'as donc invité, le duc?
MADAME DUBUISSON
11 fallait bien !
DUBUISSON
Dis donc, Louison, c’est drôle tout de même, un duc et un comte autour de notre fille. !
MADAME DUBUISSON
El nos toilettes, et nos chiffons, qui t’ont fait geindre toute la semaine! Tu crois que ça ne fait pas damner les grandes dames de nous voir attifées comme ça !
DUBUISSON
C'est bien cher !... c’est bien cher !... Quand je pense que, ta fille et toi, vous en avez aujourd'hui sur le corps pour la valeur de trente bonnes paires de bœufs au marché de Poissy !