ACTE III, SCÈNE XIII
MU
Uui! oui!... tout ce qui a rapport à moi !
HENRI
Et tu me gardes... tu me promets ton amitié?...
Ouï; car tu voudras en être digne, n’est-ce pas?...
HENRI
Digne! Je cesserais donc de l’être en me mariant?...
C'est selon dans quelles conditions; ne peut-on se marier sans se vendre?
HENRI, enrayé.
Se vendre !
Mais, oui!... on est vendu à la femme que l’on u'aiine pas ..
HENRI
Voyons, mon amie, tes principes sont rigides... si je les frois* sais malgré moi, tu me repousserais sans pitié, sans regrets?
Te repousser, toi! non, jamais! J’aurais pour toi des plaintes et des larmes plein le cœur; mais, devant un aveu sincère; jamais de paroles dures, jamais de malédictions sur les lèvres!
HENRI, enivré el éperdu; il est assis presqu'à genoux.
Ah! tiens, Françoise, tu es l’ange de la miséricorde, et je ne comprends pas que je puisse jamais détacher ma main de la
tienne! (Lui baisant les mains avec transport.) Non ! c'est impossible, vois-tu ! on ne sépare pas, on n'éteint pas deux cœurs unis comme les nôtres...
Henri! que dis-tu?.. Songe...
HENRI
Je dis... je dis que ce qui nous environne est un mauvais rêve! 11 n’y a de vrai, il n’y a de réel, que ce qui se passe là dans nos âmes! Je ne comprends plus rien; je ne me rappelle plus rien de moi, sinon que je t’aime et que je ne peux pas te perdre. Ah! je ne le pourrai jamais, vois-tu! Je voulais t'oublier, te quitter, et, tout à l’heure encore, te crier dans mon désespoir de ne plus m’aimer, d'en aimer un autre! C’était insensé! tu ne le pourrais pas non plus! tu sens, comme moi, que nous ne ferons jamais qu’une seule pensée, une seule volonté, un seul être !
FRANÇOISE, éperdue.
Ah ! comme c’est bon, comme c’est vrai, ce que tu dis là !